Les musiciens qui rêvent de devenir professionnels négligent souvent la question de la sélection comme si elle n’était pas pertinente dans le cadre d’une discipline artistique. Ils oublient que tout professionnalisme est issu d’une sélection. D’ailleurs les musiciens professionnels du classique passent des concours sérieux devant leurs pairs, leurs maitres, leurs professeurs. Le concours de pairs à pairs est la forme la plus égalitaire de sélection, d’autant plus que lorsqu’on échoue, on est simplement recalé, on peut toujours se représenter l’année d’après. Quand il n’y a pas de concours, deux autres formes de sélection prévalent : la sélection par l’argent ou bien la sélection arbitraire (quelques décideurs sélectionnent). Le processus de sélection est aussi très important dans l’économie d’un secteur professionnel sportif ou artistique. Car c’est une manière de créer de la rareté et donc, de l’intérêt du public à payer pour assister aux événements. Le football américain souvent montré en exemple du libéralisme est en fait un exemple de marché régulé dans le souci de la sélection la plus juste. Pas étonnant alors que le dernier Superbowl ait battu tous les records d’audience et de recettes, avec des places vendues à partir de 1000 $ l’unité dans le stade et des spots télévisés crevant tous les plafonds. Continue Reading »
Jamendo.com est le modèle économique de communauté musicale le plus pertinent et pourtant, ce site risque de disparaitre. Rien d’étonnant pour moi. J’ai connu de l’intérieur une bonne dizaine de start-up depuis mes débuts professionnels comme webmaster au sein de la pépinière du CICA à Sophia Antipolis . C’était en 1999. Depuis je ne cesse de clamer que la publicité ne peut pas à elle seule financer les créations de contenus pour le web et qu’il faudra cesser un jour ou l’autre cette logique d’espoir de rachat soudain par un grand groupe pour récompenser les efforts de ceux qui passent des heures sur leurs ordinateurs à développer des programmes et écrire des articles. Jamendo va disparaitre parce que la licence globale n’est pas en place, celle que je préconisais dans mon livre, c’est-à-dire une licence globale rémunérant aussi les sites Internet d’après leur temps de consultation. Tant qu’une telle mesure ne sera pas en place, l’Internet ne créera qu’une rente pour les FAI, une fois leurs investissements en infrastructures amortis. Et une rente cela ne crée pas d’emplois. Continue Reading »
Le rapport des trois sages chinois de la mission Zelnick est en ligne depuis ce matin. Il confirme mon impression initiale de parti pris dogmatique qui refusait d’emblée sans même les étudier en profondeur, les différentes solutions possibles de licences globales. Comme le souligne très justement la Quadrature du Net, il s’agit d’un exercice assez inouï de soutien de modèles économiques et de certains acteurs du marché des produits dérivés culturels, au détriment d’autres, et de plus, sur le dos des citoyens contribuables. Avec de surcroit la désignation d’un bouc émissaire : Google, seule société qui a eu le simple tord d’avoir compris que la gratuité du fichier numérique allait être inévitable, et qui se trouve donc en avance sur les autres. Seule société proposant d’ailleurs des solutions de rémunérations des vrais acteurs indépendants de la création sur Internet: les liens sponsorisés (j’en ajoute d’ailleurs symboliquement sur ce site dès aujourd’hui puisque c’est la seule source de rémunération des créateurs de contenus sur Internet que l’on peut attendre ces prochains mois). Pour la SACEM le compte n’y est pas et pour moi non plus.
Pendant que le cinéma et la photographie innovent de manière passionnante par le relief et pendant que le jeu vidéo continue sa révolution interactive avec la Wii et les jeux vidéo en univers persistants, les cadres de l’industrie du disque, quand à eux, persistent à nous expliquer qu’influer sur les supports et les formats ce n’est pas leur métier, préférant exercer celui plus naturel à leurs yeux de juristes, de moralisateurs et de conseillers présidentiels. Jusqu’à imposer par caprice un nouveau monstre administratif de surveillance des citoyens, digne de l’avènement d’une dictature certes nouvelle mais non moins sordide : celle du marché. Pourtant, je suis plus optimiste que jamais. Désormais, il s’agit simplement de s’assoir au bord de l’autoroute de l’information pour y voir passer les démissions des pro-hadopi les plus bornés. Cela risque d’être encore un peu long, mais très amusant au final. Continue Reading »
Après avoir mis en ligne la semaine dernière “les muses” voici une nouvelle chanson avec des guitares cette fois. c’est encore une ballade style pop mais avec des guitares au son rock et un solo de guitare.Le propos de cette chanson est pacifiste ,il évoque une période ou après un conflit, le temps vient très souvent naturellement à la réconciliation , comme après après les dissonances vient la recherche de l’harmonie, après le bruit vient la musique . La musique est en soi une métaphore de la paix, un simulacre d’harmonie nécessaire entres les êtres humains.Le but de la culture c’est avant tout la paix, le commerce n’en est qu’une pratique dérivée accessoire.Sa principale valeur est donc sa valeur symbolique.
Le bout du tunnel (5:03)
Philippe Axel paroles, musique et enregistrement instruments et voix
Après un déménagement récent j’ai pu remettre en fonction mon matériel d’enregistrement et recommencer à travailler sur des compos. J’en ai une en cours d’enregistrement que je finirai plus tard avec pas mal de guitares, mais j’ai terminé celle-ci plus rapidement. Je suis vraiment très heureux de pouvoir à nouveau me réinstaller devant mon clavier , de prendre ma guitare ou ma basse et d’essayer de créer des chansons.C’est une passion depuis l’âge de 14 ans, comme d’autres font des modèles réduis, de l’alpinisme ou de la mécanique. Vos petits messages de réactions seront les bienvenus ils donneront de l’énergie pour les prochains enregistrements.Mon matériel étant toujours aussi basique, c’est toujours autant galère pour moi d’obtenir un son satisfaisant à l’arrivée.C’est de l’artisanat total.
Les muses (4:08)
Philippe Axel paroles, musique et enregistrement instruments et voix
Télécharger le mp3 (3,78 Mo) (MAJ: Un nouveau fichier avec un nouveau mixage a été mis en ligne le Dimanche 15 Novembre)
La colère du précédent article de mon blog est aujourd’hui quelque peu apaisée par la lecture du Tchat de Bernard Miyet, président du directoire de la Sacem et de son homologue de l’Adami, Bruno Boutleux, organisé par Lemonde .fr et Electronlibre. Leur position clairement exprimée est une avancée déterminante pour ceux qui comme moi, à ce stade, souhaitent voir un travail sérieux, en profondeur et sans tabous sur les financements de la création sur Internet. L’avancée notoire est qu’aujourd’hui marque en effet la fin de deux énormes tabous : la contribution des FAI et la licence globale. Continue Reading »
Vous trouverez ce 22 septembre en kiosque le magazine Musique Info et mon entrevue avec David El Sayegh le nouveau DG du SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique). L’entretien a duré plus de deux heures et le journal n’a pas pu tout retranscrire évidement. Voici donc quelques infos complémentaires sur la nature de mon propos ce jour là. J’avais eu l’occasion d’un tel entretien avec Hervé Rony, mais sans journaliste, avec qui j’avais conservé ensuite une correspondance email. Ce sera le cas aussi avec David El Sayegh, que je remercie pour son accueil courtois malgré nos divergences d’opinion. Je remercie aussi Maud et Romain d’avoir organisé ce débat. Par contre, le photographe m’a massacré je suis fâché à mort ! Ou peut être a-t-il raison, à 41 ans aujourd’hui je commence sérieusement à vieillir ; après 9 années de combat pour le partage libre de la culture sur Internet. Quand j’ai commencé j’étais jeune et plutôt beau gosse. Aujourd’hui j’ai des cheveux gris et des cernes sous les yeux. Ils vont finir par m’avoir avant la grippe A !
Hier soir à Paris le collectif Accès Libre a créé une Société d’Acceptation et de Répartition des Dons pour les créateurs de contenus sur Internet. Je n’ai pas pu assister à l’événement malheureusement, et j’ai d’autant plus de regret que le philosophe Bernard Stiegler , que j’apprécie tout particulièrement et que je cite très souvent comme référence à mes travaux, y donnait une conférence. Cette initiative découle du projet Mécénat Global du docteur en droit Francis Muguet. Dans l’attente de la mise en place d’une licence globale, il s’agissait ici de créer une structure pour accueillir des dons éventuels d’internautes et les répartir ensuite selon un mode original : l’attribution volontaire. Les internautes choisiront en effet une liste d’auteurs qui selon eux, méritent d’être soutenus. Une initiative intéressante qui alimente le débat d’une manière très positive, même si des doutes subsistent en ce qui concerne son efficacité économique.
Le nouveau ministre de la culture Frederick Mitterrand a missionné Patrick Zelnick , patron du label Naive pour « améliorer les offres légales » sur Internet. C’est sur le commentaire de cette information que s’est ouvert mon entretien, Vendredi, avec David El Sayegh le nouveau DG du SNEP. Un débat organisé et diffusé bientôt par le magasine Musique Info. J’ai expliqué à David El Sayegh, que j’ai remercié d’avoir accepté de me recevoir et qui s’est montré courtois et ouvert à la discussion, que pour moi, s’il s’agissait ici de travailler sur le téléchargement à l’unité de fichiers numériques musicaux, c’était une perte de temps. Malgré tout le talent de Patrick Zelnick, et le respect que j’ai pour sa façon de pratiquer son métier, missionner Adriana Karembeu pour faire du bouche à bouche et un massage cardiaque à ce marché mort, serait la solution la plus efficace pour le réanimer, chiffres à l’appui.
“Avant la publication, l’auteur a un droit incontestable et illimité. Supposez un homme comme Dante, Molière, Shakespeare. Supposez-le au moment où il vient de terminer une grande œuvre. Son manuscrit est là, devant lui, supposez qu’il ait la fantaisie de le jeter au feu, personne ne peut l’en empêcher (…) Mais dès lors que l’œuvre est publiée l’auteur n’en est plus le maître. C’est alors l’autre personnage qui s’en empare, appelez-le du nom que vous voudrez : esprit humain, domaine public, société. C’est ce personnage-là qui dit : Je suis là, je prends cette œuvre, je fais ce que je crois devoir en faire, moi esprit humain, je la possède, elle à moi désormais. (…) l’œuvre n’appartient plus à l’auteur lui-même, il n’en peut désormais rien retrancher ; ou bien, à sa mort, tout reparaît. Sa volonté n’y peut rien (…) ” Victor Hugo