Mar 27 2009
La révolution musicale, chapitre complet en pdf : Sélection et rareté artificielle
Après le chapitre complet en pdf concernant l’exception culturelle, les éditions Pearson/Village Mondial me permettent aujourd’hui de vous faire partager le chapitre : Sélection et rareté artificielle : le pouvoir de dire « oui ». Je pense en effet que cette question est centrale dans les débats actuels. Car ce qui crée une économie de la musique capable de se régénérer, c’est la rareté des talents sélectionnés dans la masse des productions. Hors, les Majors du disque ont substitué depuis une quinzaine d’années cette rareté réelle du talent par une rareté artificielle, une sélection aristocratique et marketing, qui justifie à elle seule que les artistes prennent désormais en main eux-mêmes la sélection des professionnels parmi eux, comme c’est le cas dans la majorité des métiers.
La révolution musicale - Nov 2007-Pearson/Village Mondial- Philippe Axel- Extrait pdf: Sélection et rareté artificielle
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Aujourd’hui, imaginez que les joueurs de l’équipe de France de football soient sélectionnés par les PDG d’Adidas et de Nike sur le seul critère de vendre le maximum de chaussures. Et vous aurez une idée du monde professionnel musical actuel. J’essaye de démontrer ici que le talent et les chiffres de ventes de disques n’ont absolument rien à voir. Dans un sens comme dans l’autre, car c’est l’investissement dans la promotion qui est déterminant dans la multiplication des actes d’achats .
Un album vendu à des millions d’exemplaires n’est pas forcément mauvais. Mais beaucoup d’artistes très talentueux vendent très peu de disques. Il est donc nécessaire demain que de nouvelles formes de sélection des professionnels de la musique, sans doute de pairs à pairs, se créent sur la toile qui offre de nouvelles possibilités pour cela. Quand je parle de sélection, il ne s’agit pas de laisser à quelques uns la possibilité de diffuser leurs œuvres et pas les autres. Chacun pourra s’exprimer sur la toile, c’est acquis, et c’est merveilleux. Je parle des coups de projecteurs capables de créer une économie, c’est-à-dire des actes d’achat quels qu’ils soient.
Et je vais même plus loin à la fin de mon livre. J’explique que si de nouveaux rituels de sélection ne sont pas mis en place sur la toile, au vu de la masse des productions accessibles demain gratuitement sur ce nouveau support, ce qui nous attends, c’est peut être la disparition totale du professionnalisme musical. Cette disparition ne viendra pas tant de la gratuité des échanges, que de l’impossibilité de sortir du lot durablement pour un artiste quel qu’il soit. Et je considère que les selections actuelles par les audiences pures sur Myspace, Youtube ou Dailymotion, n’apportent pas de solutions capables de créer une économie musicale comparable à celle que le tryptique radio/télé/maison de disque avait su créer depuis les années 60.
Songez qu’il existe aujourd’hui 50 millions de pianistes en Chine. Posez-vous simplement la question : lesquels parmi-eux deviendront-ils professionnels demain ? Et vous poserez inévitablement la question de la sélection. Car ils diffuserons tous potentiellement, leur travail sur la toile.Comme les dizaines de millions de chanteurs et instrumentistes existant dans le monde.






