juin 16 2008
Un week-end chargé
Ce week-end un débat intéressant sur la loi Hadopi du côté de chez Valli sur France Inter, un débat interne au journal Libération sur le sujet, l’adoption de la déclaration de principe du PS qui oublie la société de la connaissance ouverte, et un plaidoyer curieux de Denis Olivennes en faveur de l’exception culturelle alors que je maintiens que le texte de loi dérivé de son travail de commission est contraire à son principe.
France Inter organisait un débat samedi que vous pouvez encore écouter pendant la semaine. A noter l’excellente intervention de Guy Bono à la suite de celle, absolument délirante, du président du SNEP et patron de Sony-BMG qui se prend pour un homme politique.
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/systemedisque/index.php?id=68617
Samedi également le Parti Socialiste dont je suis simple militant depuis 4 ans, votait sa déclaration de principe qui est un texte excellent. Sauf qu’au dernier moment, et on ne sait par quelle magie, un amendement déposé par la section Temps Réels, pourtant adopté, soulignant que les socialistes “œuvrent à une société de la connaissance ouverte”, s’est transformé en une phrase vide de sens et assez creuse pour y glisser n’importe quoi.
Art 19
Le Parti socialiste met la culture et l’éducation au centre de ses valeurs.La culture permet à la fois, de rassembler et de libérer. Face au danger de l’uniformisation et la marchandisation, la culture, avec l’apport irremplaçable des artistes et des créateurs, contribue à construire un monde fondé sur la diversité, le dialogue, l’ouverture. Les technologies numériques peuvent y concourir à condition d’en préciser le cadre démocratique et les règles pluralistes. L’éducation et la formation sont une condition majeure de l’émancipation de chacun, et de la démocratisation de notre société. Elles décident de l’avenir de notre pays. Le Parti socialiste doit veiller à ce que tous aient le même accès à l’éducation et à la formation.
http://actus.parti-socialiste.fr/2008/06/14/declaration-de-principes/
Dans le même temps, Laurent Joffrin, le rédacteur en chef du journal Libération, publiait une tribune dans laquelle il soutient la riposte graduée contre le “laissez faire”.En oubliant au passage que les adversaires de la riposte graduée ne sont pas pour le laissez-faire, mais pour un système mutualisé de type licence globale. Le journaliste spécialiste de cette question au journal, Florent Latrive, publie sur son blog de façon assez courageuse, un article expliquant son désarrois.
Samedi également, Denis Olivennes, désormais Directeur général du Nouvel Observateur, participait à un forum sur la culture où il nous a gratifié d’un texte magnifique sur l’exception culturelle, que j’aurais pu écrire et signer des deux mains. Alors deux explications possibles. Soit il s’agit d’un début de mea-culpa, auquel cas, dont acte, tout le monde peut se tromper. Soit Denis Olivennes tente de répondre à ceux qui comme moi, expriment des doutes sur son attachement à ce principe stratégique à la fois pour l’économie et la politique culturelle de la France. Auquel cas, je rappellerai à Monsieur Olivennes que son ami Olivier Bomsel avec lequel il a élaboré la riposte graduée a écrit noir sur blanc un texte dans lequel il affirmait « il n’y a pas d’exception culturelle». Qu’il a écrit lui-même dans son livre: « la culture est un objet de commerce ». Que la majorité des députés européens qui ont rejetés l’amendement Guy Bono contre la riposte graduée au parlement européen étaient les députés ultralibéraux et d’extrême droite. Et que la semaine dernière dans un débat organisé par la chaîne parlementaire, face à mes amis Maurice Ronai et Philippe Aigrain qui défendaient un système de type licence globale, se trouvaient côte à côte, pour défendre le projet Olivennes, le président du directoire de la SACEM et le député le plus ultralibéral, le plus à droite de la droite de l’hémicycle, déjà rapporteur on s’en souvient de la DADVSI : Chritian Vanneste.
Monsieur Olivennes, l’exception culturelle n’est pas une exception aux droits de l’homme, mais une exception au marché.






