Nov 18 2007
Lettre ouverte à Jean Louis Murat
Cher Monsieur,
Je souhaitais réagir à votre entretien de ce jour dans Le Monde : “La crise du disque est un leurre”. Il me touche car il provient d’un vrai artiste, sincère, honnête, avec une vraie personnalité, un homme cultivé. Je ne suis pas vraiment amateur de vos musiques et de vos textes mais c’est juste que je ne vous connais pas bien, il faudra que j’écoute ce que vous faites avec plus d’attention, car j’aime ceux qui osent exprimer leur sensibilité subjective par les mots et par la musique. Nous avons en commun de vivre dans la campagne, dans un petit hameau, et comme vous, j’écris des chansons. Je suis l’auteur d’un livre à paraître dans quelques jours, et j’y développe une thèse radicalement opposée à la votre. Je voudrais donc reprendre quelques points de vos propos.
Vous débutez votre entretien en constatant la concentration des maisons de disques où « à chaque rachat ou fermeture d’une maison de disques, des gens brillants sont broyés ». Mais curieusement, vous mettez cette situation sur le compte du téléchargement sur Internet alors que ce processus de concentration date de bien avant l’Internet et qu’il est le même que dans les autres industries soumises aux principes économiques ultralibéraux, c’est-à-dire au capitalisme sauvage, sans régulation par la démocratie et donc, par la loi. Il ne s’agit pas forcément d’être anticapitaliste, il existe une vision sociale-démocrate « alter-capitaliste » qui consiste à souhaiter réguler les effets pervers du marché par un arbitrage démocratique. Je vous renvoie par exemple aux travaux du prix nobel d’économie et ancien conseiller de la maison blanche Joseph E.Stigliz qui parle de “grande désillusion” en parlant de la logique dominante: l’enrichissement de quelques-uns serait en fin de compte, profitable à la collectivité.
Lorsque vous dites que « chaque nuit, dans les hangars de la musique, la moitié du stock est volé », comparant les fichiers numériques musicaux à des voitures et ceux qui les téléchargent à des délinquants voleurs, vous pratiquez la même confusion que les ultralibéraux (que vous dénoncez par ailleurs), entre la culture et les produits dérivés culturels, entre les objets physiques (qui sont des biens rivaux) et les fichiers numériques (qui sont des biens non rivaux). C’est à la fois une confusion philosophique sur le sens du mot “culture”, et une confusion économique, qui a pour but chez ceux qui la pratiquent de mauvaise foi (ce qui n’est pas votre cas) d’évacuer des questions politiques essentielles : l’exception culturelle et la copie privée, par exemple. Il n’existe qu’un seul pays dans le monde qui souhaite la disparition de ces principes. Il le souhaite pour des raisons purement économiques, pour préserver et étendre ce qui constitue son principal apport en devises étrangères : l’industrie de l’entertainment. Sans les quotas de chansons françaises à la radio, par exemple, notre production de chansons francophone serait aujourd’hui quasiment nulle, par le simple produit de ce que l’on appelle la logique « des économies d’échelles ». Il est plus facile d’amortir un disque en langue anglaise qu’un disque en langue française, du fait de la masse de public à laquelle il s’adresse. Si nous laissons la culture uniquement aux effets économiques classiques, vous ne produirez plus de disques, ils seront jugés trop risqués à sortir sur le marché.
L’”omerta” que vous dénoncez de la part des artistes sur ce qui se passe sur Internet, je la vois pour ma part non pas du côté de ceux qui pensent comme vous que les internautes les volent, et qui se sont largement exprimés lors de l’adoption de la loi Dadvsi encouragés par leurs maisons de disques, mais plutôt de la part de ceux qui sont coinçés par leurs contrats d’éditions qui ne leur rapportent rien, et qui ont peur de s’exprimer, peur de diffuser leur musique sur Internet pour exister, exclus qu’ils sont des médias traditionnels. Ils ont tout simplement peur de retourner dans l’anonymat et donc, à l’amateurisme, qui est le lot de la majorité des artistes qui n’ont pas eu la chance de rencontrer, comme vous, un jour, un Eddy Barclay transformant des citrouilles en carrosses.
J’attire aussi votre attention au passage, sur le fait que « le monde de délation » que vous décrivez sur Internet, est bien celui que nous préparent les faucons de la propriété intellectuelle qui ont déjà réussi à faire voter une loi qui menace les droits de l’homme, simplement pour conserver un vieux système de distribution qui n’est plus compatible avec la révolution numérique. Si le CD ne se vend plus, Monsieur Murat, c’est une crise industrielle, pas une crise culturelle, car vous le soulignez vous-même, jamais la musique n’a été aussi écoutée et partagée, ce qui est son but premier.
D’autres industries, comme la photographie argentique, ont déjà subi de profondes transformations sans aller pleurer auprès du gouvernement et faire des procès à leurs propres clients potentiels. Nous proposons depuis plusieurs mois, avec certains de mes amis, des solutions industrielles concrètes qui curieusement, n’intéressent personne dans cette industrie, comme par exemple, retravailler sur un nouvel objet. Comme le CD a remplacé le Vinyl (pas forcément avantageusement pour les artistes d’ailleurs), il s’agit aujourd’hui de rempacer le CD par autre chose.
Je respecte et je comprends votre gène face à cette abondance, à cette accumulation d’œuvres sur les disques durs qui ne profitent pas à la production d’œuvres nouvelles, et c’est vrai que le consommateur se moque des questions de financement des œuvres culturelles, je vous l’accorde. Moi-même, je ne pratique pas le P2P car j’ai un problème de conscience à le faire à l’heure où il ne fait que détruire, parcequ’aucun nouveau transfert de ressource n’est en place. Il est un fait que les internautes consomment aujourd’hui de nouveaux produits et services interactifs et que tout cela profite bien à des investisseurs qui ne produisent rien en matière de culture, alors que les maisons de disques le font. Il s’agit là d’un problème qui n’est pas nouveau dans le droit d’auteur, le monde de l’édition et de la diffusion.
Beaumarchais a dû se battre pour faire payer des droits d’auteurs aux directeurs de théâtres parisiens, c’est ce qui a déclenché la création de la SACD. Les auteurs de livres ont dû se battre contre l’édition américaine qui s’est construite sur l’exploitation gratuite des best-sellers anglais sur lesquels ils ne payaient pas de droits, il a fallu attendre 1891 pour que Twain, Poe ou Dickens parviennent à leurs fins. Les auteurs et scénaristes d’Hollywood ont dû se fédérer pour résister aussi à leur exploitation, et le combat n’est toujours pas terminé de nos jours. Une grève des scenaristes américains le prouve encore la semaine dernière, qui considèrent ne pas être rémunérés correctement pour leurs travaux sur les séries télés . Ces mêmes séries télés, qui, en passant, se vendent en masse en DVD alors qu’elles sont visibles gratuitement à la télévision… De nouveaux acteurs, de nouveaux industriels marchands de matériels informatiques, de nouveaux diffuseurs de contenus par la toile, profitent actuellement à hauteur de milliards de dollars des échanges libres sur Internet sans que cela ne profite aux auteurs. On voit donc qu’à chaque fois, des industries profitent des auteurs (mais aussi des éditeurs et des producteurs) qui doivent combattre pour obtenir par la loi, de nouveaux transferts de ressources. Il me semble que c’est ce combat là que vous devriez mener, les auteurs ayant toujours par ailleurs souhaité la diffusion la plus large possible des œuvres dans le cadre non lucratif.
Car je suis choqué, enfin, par le fait que vous traitiez de « chanteurs ratés », tous ceux qui n’ont pas eu la chance comme vous, d’avoir trouvé les moyens financiers de leurs ambitions musicales et qui trouvent avec Internet, les moyens non seulement de publier à compte d’auteur à moindre coût, mais aussi les moyens de rencontrer d’autres musiciens, de se former, et d’utiliser des outils de création nouveaux qui rendent plus abordables les démarches artistiques. Ainsi, la création musicale elle-même est étroitement liée, aujourd’hui, aux échanges libres de fichiers sur Internet. Non, Monsieur, nous n’avons pas forcément tous, les moyens de “tout sacrifier” comme vous dites, d’abandonner nos emplois, nos familles, nos enfants, d’acheter des instruments de musique, de sonorisation, de payer des musiciens et de partir seul sur les routes la guitare dans le dos satisfaire notre égo. Nous le faisons quand nous signons avec un éditeur, un tourneur ou une maison de disque. Le sélectionneur de l’équipe de France de musique, aujourd’hui, est le patron d’Adidas, il ne sélectionne que sur des critères économiques qui n’ont rien à voir avec la valeur artistique. Demain peut être, le public sélectionnera lui-même, ou les artistes eux-mêmes par des procédés démocratiques sur la toile.
Je vous invite donc à lire mon travail avec la même attention et le même intérêt que j’ai lu votre intervention. Et je vous souhaite bonne chance pour la suite de votre carrière.







Comme il est dommage en effet que Jean-Louis Murat passe à côté de la modernité au nom de “l’authenticité” de la campagne !
Qu’eût-il dit de l’invention de l’électricité, s’il y avait assisté ? Au nom du “vivre dans le temps présent”, il l’aurait condamnée et nous aurait chanté les charmes de la lampe à pétrole. Et la moissonneuse-batteuse ?
” On refait une clôture, on est dans le présent”, dit notre chanteur. Mais si le présent était justement d’ouvrir les clôtures …?
Oui merci Hubert de venir sur ce blog et de me soutenir un peu…parceque dès fois on se sent seul.
Un ami me disait il y a peu cette phrase géniale qui résume bien les choses:
” Le syndicat des cavaliers du pony express s’oppose vivement à
l’arrivée du télégraphe “
Au moment de la sortie d’une loi, d’un accord entre industriels, d’un mouvement de plus vers moins de choix et plus de contrôle, les médias mettent en avant un aigri ou deux pour corroborer l’annonce, la justifier.
Evidement que les heureux bénéficiaires de rentes de situation n’aiment pas les changements.
Pour revenir au pony express
, il a rejoint la well fargo si je ne me trompe ?
http://en.wikipedia.org/wiki/Pony_Express
–
Laurent
Ah ben le voilà l’ami qui m’a parlé du Pony Express !
Vous avez sauvé ma journée les gars ! J’étais un peu déprimé.
A l’arrivée j’ai le meilleurs avocat du showbiz et l’inventeur du télégraphe qui postent sur mon blog ! C’est pas beau ça ?
Bravo pour cette réaction… Les propos de Murat sont dégoulinants de mépris : les internautes mélomanes sont tous des voleurs boulimiques, les parasites et escrocs vivant sur le dos des artistes deviennent tout à coup formidables, seuls les patrons de majors sont des profiteurs, quant aux artistes non-signés ce sont des ratés sans ambition, etc, etc… Il faut vraiment s’appeller Jean-Louis Murat, c’est à dire être certain toute sa vie de pouvoir sortir des disques et faire des concerts pour tenir un tel langage. J’aime sa musique, mais vraiment, c’est un vieux croûton.
En réparant des barrières et construisant d’autres, c’est la musique que Jean Louis murat.
A noter l’entretien accordé également au journal le Monde par les Daft Punk qui ne partagent pas visiblement, la thèse de JL Murat.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-979572,0.html
J’ai lu la l’interview de Murat ce midi, et je pensais en faire un article, mais ta lettre ouverte est excellente et je n’ai rien à y ajouter. M’autorises-tu à la publier sur Ratiatum ?
Avec plaisir Guillaume tu peux le publier si tu veux et merci pour le petit mot gentil.
Voici qui traduit exactement (et de très belle manière) les réactions qui m’ont été inspirées par la lecture de cette interview de JL Murat
Que dire de plus que Merci d’avoir pris la peine d’apporter une contre argumentation de qualité , étayée de faits concrêts et vérifiés.
Je suis d’autant plus ravie d’apprendre que ces sujets qui me passionnent font l’objet d’un ouvrage qui sort dans quelques jours, je le lirai avec grand plaisir
Pour ce qui est de Mr Murat je le trouve maintenant soit risible soit pathétique dans son personnage d’ennemi juré de la médiocrité et du mauvais goût.
Oui, c’est triste la réaction de Murat. Mais ce n’est pas le seul, loin s’en faut. JJ Goldman s’était aussi fendu de commentaires lamentables sur le sujet il y a quelques années. Sans oublier tous ceux qui ont rappliqué ventre à terre lors des débats DADVSI, sans doute pressés par leur maison de disque : Eddy Mitchell, Zazie, Benabar, etc…
La liste est longue malheureusement !
http://www.ratiatum.com/breve6066_Lettre_ouverte_a_JeanLouis_Murat.html
Merci
@Olivier je ne leur en veux pas trop parce que j’étais plutôt de leur avis avant d’avoir travaillé en profondeur cette question. Il y a aussi des gens qui n’ont pas forcément le temps de se plonger dans des bouquins pour comprendre ce qui se passe vraiment sur Internet. Mais ce qui me choque quand même, c’est de voir que des gens qui sont des professionnels de la culture, ne font même pas l’effort de comprendre ce qu’est la culture.
Et merci Guillaume pour l’article.
Et pourtant, les artistes ratés sont légions, et oui tout sacrifier est bien nécéssaire.
“Ils ont tout simplement peur de retourner dans l’anonymat et donc, à l’amateurisme, qui est le lot de la majorité des artistes qui n’ont pas eu la chance de rencontrer, comme vous, un jour, un Eddy Barclay transformant des citrouilles en carrosses.”
Cette citation prouve votre amertume….Personne dans ce métier ne transforme des citrouilles en carosses. Si vous êtes une citrouillle, vous le resterez, et c’est une des raisons pour lesquelles vous n’avez jamais fait carrière.
Pour le reste, démagogie, quand tu nous tiens.La comparaison avec l’argentique est totalement à la rue, la théorisation sur la culture idem.
J’adore quand des gens qui ne vivent pas dans cette industrie explique à tous les acteurs de cette industrie qui ils sont, ce qu’ils devraient faire, ect…J’adore les donneurs de leçons sur le téléchargement.
Au fait, les artistes ne sont pas des “professionnels de la culture”, comme vous dites. Ce genre de phrase prouve le grand n’importe quoi de vos théories.Dites cela à un artiste un tant soit peu intelligent et il s’étouffera de rire.
Mais heureusement que vous, vous savez ce que c’est que la culture, en grand artiste reconnu que vous êtes.
Les major sont les grands méchants, les pirates de pauvres opprimés, et les artistes des nantis.
Bravo.
Très belle réponse, dont je partage nombre d’arguments… Alors pourquoi ne pas l’envoyer au “Monde” pour publication dans sa rubrique “débats”, après l’avoir un peu remaniée (certains arguments se résument à des liens web, il faudra les expliciter sur un support papier) ?
Bonne continuation à vous
@moplid
J’ai hésité à laisser passer votre commentaire car je modère les posts. Modérer ne veut pas dire censurer les critiques, mais celles qui sont justes des insultes sans aucune argumentation sérieuse. Il est un fait que votre intervention n’est faite que d’attaques personnelles sans aucun argument de fond sur mes propos.
Mais je laisse passer ce commentaire, car je veux que tout le monde le lise. Il montre comment mes articles sur ce Blog, depuis 2001, peuvent être perçus par les professionnels de la musique. Oui monsieur, moi j’ai peut être tout sacrifié à mes idées, peut être même ma carrière musicale.
Difficile d’être plus à côté de la plaque en choisissant Murat comme cible de votre article.
Il utilise justement le web depuis des années et a proposé pendant longtemps des morceaux exclusifs sur son site, gratuitement, et qu’il mettait lui même en ligne.
Ce n’est pas du tout le vieux réactionnaire que vous essayez de décrire (avec beaucoup de condescendance qui plus est), au contraire il a un coup d’avance.
Il a cru que le web lui permettrait d’interagir avec les amateurs de sa musique, mais a rapidement déchanté. Il parle dans son interview de milliers de téléchargements sur son site, “sans bonjour ni merci”, d’utilisation de ces titres sur des compilations etc.
Vous analysez de façon détachée la “révolution musicale” qu’est le web, lui parle plus globalement de la société. Pour lui le téléchargement massif est l’aboutissement de la culture Kleenex : on produit vite, on écoute vite, on oublie vite. Il ne déplore pas ce phénomène pour lui-même en tant qu’individu, mais en tant qu’artiste ayant une idée de l’effort de création nécessaire. Et franchement, dire que vous êtes “choqué” parce que Murat traite de “chanteurs ratés” les groupes qui diffusent sur MySpace, c’est aller vraiment loin dans le politiquement correct. Il dit simplement que la plupart de ces groupes font ça pour s’amuser, sans la démarche artistique que lui conçoit (relisez la fin de l’interview où il explique ce qu’est un artiste selon lui). Vous dites que “nous n’avons pas tous les moyens de tout sacrifier”, il ne dit pas le contraire. Il dit simplement que l’artiste n’a pas le choix : s’il veut être honnête il consacre tout à son art. Mais c’est probablement une idée anachronique.
Et sur le point concernant la crise des maisons de disques, ne soyez pas malhonnête : oui le téléchargement gratuit massif l’a en partie provoquée. Considérez que c’est un bien plutôt qu’un mal si vous le souhaitez, mais ne niez pas ce fait. C’est vraiment trop facile de considérer que c’est une simple conséquence du méchant capitalisme mondialisé auquel on ne peut rien, qui plus est en citant Stiglitz comme le premier apprenti altermondialiste venu.
PS : je ne suis pas un professionnel de la musique
Merci d’éclairer le débat sous un jour nouveau avec certains arguments intéressants.
Je n’ai pas trop le temps de développer mais j’ai eu plaisir à le lire
@proteus
je préfère ce type d’argumentation que celles de moplid. Là on peut discuter.
En effet Murat a été l’un des premiers à tester l’interactivité par le web.Il est déçu que l’on soit venu télécharger sans un merci, je le comprends. Moi-même je mets mes compos en téléchargement et c’est vrai qu’il est très rare de recevoir des remerciements. Mais est-ce que lorsqu’un artiste passe à la télévision ou à la radio, gratuitement, chaque auditeur lui envoi un message pour le remercier ? s’il vous écoute vous avez déjà gagné de l’attention, dans un monde où cette attention est la vrai rareté du fait de la masse des oeuvres à disposition.
En ce qui concerne le téléchargement et sa responsabilité dans la crise du disque, lisez bien mon blog et mon livre, et vous verrez que je ne suis pas de ceux qui minimisent les conséquences de la gratuité de la musique sur Internet. Mais je la constate comme un état inévitable et irreversible, et dès lors, je dis qu’il faut travailler sur des modèles qui accompagnent cette gratuité, plutôt que de la combattre au prix des libertés individuelles.
Merci d’avoir pris la peine d’argumenter votre critique.
100% d’accord avec JLM. J’aime bien ce qu’il fait et ses propos ne me dérangent pas du tout, au contraire, je pense qu’il a raison.
Toute peine mérite salaire comme on dit : il est normal qu’il soit rétribué pour ce qu’il fait, produit…
Que diriez vous si à la fin du mois, votre patron vous disait “Tu as bien bosé, mais je vais donner 80% de ton salaire au stagiaire qui a pompé tout ton boulot pour son rapport de stage !”
Moi quand je veux qqchose, je bose pour l’avoir et je le paye, je ne le vole pas. Depuis + de 20 ans, j’ai accumulé plus d’1 millier de CD, tous originaux.
Effectivement, c’est l’un des seuls qui ose dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas par peur de représailles.
Je ne fait pas de téléchargement sauvage par respect du boulot des artistes et personnellement je préfère un bon vieux CD que je peux avoir entre les mains, emmener partout et pouvoir lire le livret qu’un MP3 de moins bonne qualité risquant d’être effacé de mon disque dur.
A chacun sa vision des choses.
Réponse suite à l’article Ratiatum de guillaume.
Aprés avoir parcouru cette complainte de Murat, comme celles de tant d’autres artistes enracinés dans un passé lointain, ma réaction a été une fois de plus de zapper. Le titre était pourtant accrocheur…“La crise du disque est un leurre” Oui, c’est un leurre, mais ce n’est pas encore l’heure…
Philippe Axel, nous sommes nombreux à comprendre votre réaction, bien qu’elle risque d’être inutile ! Voici tout de même ma contribution, puisque ce combat, je le porte aussi depuis plus de vingt ans.
D’abord, l’art est à définir. En effet, la maîtrise technologique en a toujours fait partie, depuis que l’homme a pris conscience de sa créativité. Aujourd’hui, l’info est un outil incontournable, et ceux qui écrivent des codes, ceux qui utilisent cette technologie font partie de cette recherche artistique contemporaine. (qui commence à dater entre nous…).
La culture est le reflet de notre société. Elle n’a jamais été monnayable sauf dans la tête de certains déphasés qui ont trouvé de fragiles petits artistes à protéger…Et qui voudrait nous faire croire, qu’ils sont indispensables, parce que les lois depuis 50 ans n’ont pas changé ! Ben, voyons.
L’art et la manière, c’est aussi l’adaptation. C’est valable pour toute forme de vie sur notre planète.
Nous avons tous une expression artistique, que nous développons ou pas. Mais l’Artiste défit le temps par la force de son œuvre. Pas de sa personne. Oui, nous sommes dans une ère de consommable jetable. Mais fini la star. Si l’éphémère reste un concept artisque, le Beau, le Bon, et sacré resteront éternels de notre dimension humaine.
L’art de demain s’invente et se crée tous les jours. Le réseau apporte sa contribution. La base du développement humain repose sur l’échange, le savoir, la connaissance, la mémoire… N’est-ce pas des fonctions essentielles dans le P2P?
Nous avons qu’un petit problème. Nous refusons les évidences. Ce n’est pas l’argent qui est le moteur de la création, ni même un aboutissement ! La jouissance cérébrale est bien plus puissante. Aucune loi, aucun brevet, copyright, ou autres droits d’auteurs n’empêcheront notre développement. Et tant que la vie se propagera, nous serons soumis à cette équation.
Pouvons-nous nous contenter, du travail des autres? Certains, peut-être, mais ne mettons pas tout le monde dans le même bain. La force de l’info, c’est qu’il nous ouvre des horizons nouveaux. La faiblesse c’est que nous ne pouvons pas compter uniquement sur cet outil qui soulève bon nombre de contradictions humaines, et qui peut disparaître aussi vite qu’il est apparu…
Toutes ces complaintes d’artistes ne sont qu’une communication, une pub gratuite tout cela ne changera rien sur ni sur le fond ni sur la forme, et restera un combat d’arrière-garde.
Le jour où les artistes se mettront tous ensemble pour faire des propositions sérieuses, nous y prêterons l’oreille. Pour l’instant, c’est Hollywood qui est dans la rue, pour ne pas dire à la rue.
Connaissant bons nombres d’entre eux, ce sera que pour défendre leurs petites personnes égoïstement (pas tous…). Et je leurs dits surtout, aller chercher vos sous du côté des Éditeurs et autres Sacem qui se goinfrent de taxes sur votre et notre dos, avant qu’il soit placé dans des paradis fiscaux. Mesurez à qui vous avez affaire, vous n’êtes qu’un instrument de propagande, acceptez au moins votre innocence.
Apprenons à vivre, puisque c’est tout un art…
Comme vous le constatez, Philippe Axel, le ton direct et volontairement appuyé démontre une détermination sans complaisance. Un artiste se doit d’être libre, et l’outil info en est une expression. Ce ne sont pas les solutions qui nous manquent, mais souhaitons-nous vraiment trouver une solution, à part le flicage et le contrôle des peuples de ce monde ?… Où est la volonté de pacifier le réseau ?
Œuvrons sans États d’Âme… Pour le meilleur, avec le P2P, sans le pire…
@Peter
Est-il normal que sur le prix d’un CD l’artiste n’ai droit qu’à la portion plus que congrue de la galette?
Je suis comme toi, j’adore la musique, j’ai énormément de CD à la maison mais ce qui me débecte le plus c’est l’attitude des maisons de disques qui traite SES CLIENTS comme de vulgaires voleurs et avec un amalgame confondant de bêtise.
On se retrouve avec un CD qu’on ne peut pas écouter partout car il contient des verrous numériques. On achète un morceau en ligne (à quasiment 1€ l’unité) et on se retrouve dans l’incapacité de le mettre sur son lecteur mp3 car non compatible ou de le mettre sur un CD… on marche sur la tête, on se retrouve à payer 2,3 fois le même morceau pour avoir le luxe de pouvoir l’écouter selon son bon vouloir.
Si la vague actuelle de la culture en est à un tel point, que faut-il penser des offres illimitées de type neuf et consorts (qui ne sont qu’un abonnement à une écoute limitée à la résiliation du dit abonnement) propulsées par les majors?
Non, JL Murat est à coté de la plaque
Merci Pecky pour ton intervention.
J’aime énormément la musique et le cinéma et je trouve que “toute peine mérite salaire” comme le dit si bien Peter.
Mais depuis les débats consternants de DADVSI à l’Assemblée Nationale, je ne télécharge pas et n’achète plus CD et DVD hormis 10 albums CD (toute première version CD de mes artistes préférés que je n’avais pas encore eu l’occasion d’acheter et que j’avais peur de ne plus trouver).
Je refuse tout DRM et je ne cautionnerai pas l’attitude méprisante des majors tant pour les artistes (que je trouve trop peu rémunérés sur la vente de leurs albums qu’ils soient numériques ou non) que pour leur public:
“Nous sommes tous des pirates”.
Aujourd’hui, lorsque j’entends une chanson qui a bercée mon adolescence, c’est tout d’abord avec le même plaisir que je l’écoute, puis me reviennent les propos tenus par leurs auteurs au moment de DADVSI (notamment ceux de JJG pour ne citer que lui) et la colère prend le dessus. La musique n’adoucie-t-elle pas les mœurs ????
Combien de films n’ai-je pas achetés au moment de leur sortie en DVD que je n’achèterai pas aujourd’hui à cause d’une version trop ressente ou d’un petit logo à l’arrière du boitier.
Je n’achète pas, je ne télécharge pas et ce n’est pas de gaieté de cœur.
L’article de JLM et votre réponse suscite également un débat sur Dogmazic : http://www.dogmazic.net/modules.php?ModPath=phpBB2&ModStart=viewtopic&t=3229&highlight=&t=3229&highlight=&sid=eed5a72c6cf2fd0c11fc773ee2ffb2e4&npds=0
Citer les noms des défenseurs de la loi, et des biens de ces pauvres maisons de disques suffit à faire rire: Murat, Zazie, Benabar, Goldman, Brian Molko (auteur d’un fameux “un jour on n’aura plus de quoi emmener nos enfants à l’école”).
Faudrait arrêter 5 minutes de se foutre de notre gueule. On parle de gens qui pourraient être rentiers jusqu’à la fin de leur vie à partir de maintenant grâce au joli système en place.
Mais évidemment, ce sont des “artistes”, -quel mot à la con-, et ne vivent pas comme nous en mangeant et respirant, non, ils vivent “plus sincèrement que les autres”, car ils vivent au travers de leur “art”, ils se donnent, se sacrifient…. Mais quel discours puant. On dirait un mélange de “La vie monacale pour les nuls” par Monseigneur Lefebvre et “Le travail c’est la santé” par Francis Mer.
Je suis moi-même intermittent du spectacle, et j’accompagne un artiste, qui vend entre 30 et 40 000 disques à chaque sortie d’album. D’une part, je vis assez bien (autour de 1500€ par mois) sans toucher de droits d’auteurs, et d’autre part, l’artiste que j’accompagne gagne vraiment bien sa vie (je dirais aux alentours de 10 000€ par mois) sans vendre beaucoup de disques, mais surtout grâce aux droits d’auteurs que génèrent les concerts (8% du chiffre d’affaire de chaque concert est reversé à la SACEM, et ensuite distribué entre l’éditeur, et les auteurs-compositeurs-arrangeurs), et aussi grâce aux passages radios, qui peuvent génèrer des revenus considérables quand on est diffusé largement (et là encore ô surprise, qui fournit les playlists aux radios? Les majors.. ah tiens?).
J’écris depuis peu mes propres chansons, je ne considère pas ça comme une corvée, une astreinte terrible mais comme un plaisir, parfois un besoin. Et quoi qu’il en soit, étant de formation classique, j’ai toujours relativisé la somme de travail que représente l’écriture d’une chanson par rapport à un opera ou une symphonie (voir l’interview cinglante de Bruno Mantovani “Le pire, c’est cette nouvelle chanson française encensée par les médias, les Vincent Delerm, Raphaël, Anaïs, et le pathétique Bénabar. Vraiment pitoyables, avec leur dictionnaire de rimes, leurs pseudo-mélodies affligeantes et, surtout, leur côté “c’était mieux avant”. Je déteste la nostalgie, tout ce merdier passéiste et religieux, beurk ! Cette crainte de la nouveauté qui pousse à accepter ses propres limites…”). Allez dire à un Mozart ou un Blazac que ce trouduc de Murat est un bourreau de travail avec SA chanson PAR SEMAINE disponible sur son site, ce nouveau petit seigneur de campagne, qui a le temps d’aller chercher des champignons et de réparer une clôture. Mais qui crois vivre en prolo parce qu’il garde le pain du midi pour sa soupe du soir. C’est abject.
Quand on se voit 3 jours par mois avec l’auteur avec qui je travaille, on pond entre 2 et 4 chansons à l’état de maquette. On ne peut pas faire beucoup plus car ledit auteur a une famille et travaille toute la semaine, mais ça ne nous empêche pas de faire des trucs intéressants, sans pour autant crier au génie. Et quand on les a finies, on est déja bien content que des gens passent du temps à les écouter. Loin, très loin de se planindre de ce que l’humanité ne nous “remercie même pas” pour ce fantastique don de soi.
Mon véritable travail, celui dont je ne choisis pas les horaires, et qui m’impose présence, efforts etc.. c’est la scène. On ne peut pas dire que ça soit si terrible que ça comme boulot, même si évidemment parfois, être loin de chez soi longtemps, sur la route, mal dormir, mal bouffer, c’est pas le grand luxe, on est quand même assez privilégiés. Et il faudrait faire faire 1 an d’usine à tous ces grands artistes millionaires et qui se font si volontiers le relais de leurs producteurs; on se demande pourquoi, soit qu’ils partagent avec eux la si symptomatique hypertrophie céphalique, soit qu’ils croient lècher la main qui les nourrit en oubliant vite que c’est le public, ce fameux tas de goinfres méprisable, qui remplit leurs poches.
Bref à ces leçons de morales à 2 balles, une seule réponse, télécharger comme un porc, pour découvrir, jeter (s’il y a bien des déchets qui ne polluent pas c’est ces chansons qu’on oublie), se goinfrer (alors lui a le droit de produire en pagaille, mais il ne faudrait pas écouter en pagaille)! et alors? merde! une chanson de JL Murat, composée en une semaine, mériterait mon attention pendant 3 ans? C’est de la chanson populaire, de celles qui avant le disque circulaient un temps, se propagaient, étaient jouées par tout le monde, puis s’oubliaient pour la plupart (cf la célèbre discussion entre Brel Ferré et Brassens à la radio). Qu’ils aillent se faire foutre avec leur ego mal placé, leur élitisme, leur nostalgie des privilèges. Leur conviction qu’on leur doit tout, respect, argent, intéret, admiration parce qu’ils ont passé du temps à se faire plaisir dans le domaine qu’ils aiment. De toutes façons, on s’en carre de ces roquets dressés sur leurs papattes arrières, et habillés de petits manteaux pour pas prendre froid, on gagne déja!
Et vive AUSSI la musique qui ne se veut pas de l’Art, vivent AUSSI les musiciens qui prennent plaisir à jouer sans se prendre pour des Artistes. Vive le foisonnement. Et merde à ces auteurs de chanson française à qui la micro élite de la classe moyenne-supérieure fait croire qu’ils chient des petits diamants quotidiennement (et c’est facile de le croire quand ça rapporte autant) alors qu’au fond, la musique populaire, la chanson, ça doit rester des petits bijoux fantaisies avec leur “valeur sentimentale” qui dépend de chacun.
A la Keith Richards interviewé dans les coulisses d’un stade blindé: just doing the job, man!
Les artistes de la chanson devraient gagner de l’argent en faisant des concerts.
le telechargement gratuit est incontournable.
Je crois qu’un des aspects les plus faibles de la pensée de monsieur Murat est sa manière de globaliser ce qui se produit sur Internet. Comme si un médium aussi divers pouvait se prêter à une lecture uniforme et simple ! En réduisant les coûts de mise à disposition (alors que l’électronique réduit les coûts de production), Internet accroît l’offre musicale. Et la diversité des pratiques à cet égard est nécessairement grande.
Il y a donc contradiction entre la tendance à la concentration capitaliste et à la concentration de la production discographique que dénonce Murat sans grande originalité et la tendance à la diversification de cette production que permet Internet.
L’autre faiblesse, bien entendu, est qu’il s’agit d’un combat d’arrière-garde, dont les propos de Murat ne donnent pas à penser qu’il croit lui-même un seul instant qu’il peut être gagné. Il ne propose d’ailleurs aucune solution. La seule qu’envisagent les maisons de disque, à savoir la répression pénale destinée à faire respecter les droits de propriété artistique, n’est, il est vrai, pas très populaire.
Quant à l’idée, que l’on retrouve notamment dans le commentaire de Peter, selon laquelle toute peine mérite salaire, nous savons bien qu’elle n’est vraie que pour les objets marchands. Et la musique ou toute autre forme d’art n’est pas réductible à la production d’objets marchands. Au fil des siècles se sont succédés divers modèles économiques, tels que le mécénat (dont vivait W.A.Mozart, par exemple) ; ce qui prouve que le modèle marchand du droit d’auteur n’est pas la seule possibilité viable.
Mais je comprends son dépit : le collectionneur qui a payé cher sa collection, de même que le possesseur d’un catalogue ou de droits musicaux quelconques, se trouve aujourd’hui dans la situation d’un possesseur d’emprunts russes vers 1918 et ce n’est pas une position amusante.
Aussi faut-il chercher ailleurs les voies d’un nouveau modèle économique, dont la France s’est assurée, en votant la loi DAVSI, qu’il ne naîtra pas à l’intérieur de ses frontières. Chacun a bien noté qu’il était possible à certains de transformer les enregistrements musicaux en outils de promotion destinés à vendre du spectacle vivant. C’est une voie possible, qui pousse les multinationales du disque vers le contrat global. Mais on peut aussi imaginer des artistes, je pense à Manset, par exemple, qui s’éclatent en studio et n’ont aucun appétit pour les exhibitions publiques. Tout n’est donc pas réglé pour autant. Il est certain que la tentative de Radiohead, si elle rapporte, comme on le dit, 3 euros par téléchargement, est intéressante (y compris financièrement). Ce que vous proposez sur ce site semble également très prometteur.
@tomino
Bah oui, téléchargez, téléchargez, et puis comme ça l’artiste pour lequel tu travailles ne vendra plus de disques, n’aura plus de contrats, puis ensuite plus d’exposition, puis donc moins de gens dans les salles, et puis toi t’aura plus de boulot.
C’est super, je trouve.
Ton message transpire tellement la haine qu’ons e demande pkoi tu fais encore ce boulot , accompagner des artistes que tu détestes tant. Laisse tomber, fais de la musique juste pour ton ordinateur.
“Qu’ils aillent se faire foutre avec leur ego mal placé, leur élitisme, leur nostalgie des privilèges. Leur conviction qu’on leur doit tout, respect, argent, intéret, admiration parce qu’ils ont passé du temps à se faire plaisir dans le domaine qu’ils aiment. De toutes façons, on s’en carre de ces roquets dressés sur leurs papattes arrières, et habillés de petits manteaux pour pas prendre froid, on gagne déja!”
Très belle sortie, bravo!!!J’aime comment tu parles des gens, toi le musicien si cool qui s’en fous de tout. C’est très constructif tout ça.Serais tu un interprete aigri qui n’arrive pas à placer ou produire ses propres chansons? MMMM, c’est bien possible.
C’est très triste de lire des messages comme celui que tu viens de poster, mais je tiens à rassurer tout le monde, dans le monde de la musique, il ya peu de gens comme toi, heureusement. tout le monde n’éructe pas sa haine, merci.
en te souhaitant de voir la lumière au bout du tunnel.
@pim
qui n’aurais pas la haine en voyant ce qui passe en radio et ce qui se produit réellement? en voyant qui décide, en haut-lieu de faire de la promo ou pas, de se payer des pubs, de faire le forcing sur les radios pour passer en boucle les mêmes chansons?
qui n’aurait pas la haine en voyant Mickey 3D déballer dans le même festoche sa soupe à 6000 spectateurs quand LoJo dans la salle à coté fait à peine 1000.
ou en voyant Lorie remplir un Zenith quand Arhut H fait des salles de 300 places.
je te rassure, je n’ai pas de mal à me placer, je ne suis pas aigri. je suis au contraire bien vivant, je produit beaucoup et ne compte pas laisser mes chansons dans un coin de mon ordinateur.
là où tu fais erreur, c’est quand tu exprimes comme si c’était une loi de la nature que les baisses de vente de disque impliquent automatiquement la baisse de frequentation des concerts. renseigne-toi en peu avant de déballer ton préchi-précha surané, la fréquentation des concerts a au contraire augmenté tandis que l’industrie du disque se casse la gueule. il n’y a jamais eu autant de festivals que ces dernières années. C’est précisément les maisons de production qui font le choix de promouvoir encore plus ceux qui vendent des disques, c’est eux qui indexent leur engagement (en pression médiatique et en argent dépensé) sur l nombre de disques vendus.
A-t-on l’équivalent des disques d’or, de platine etc pour la frequentation des salles?
le fait est que l’artiste que j’accompagne, justement ne vend pas trop de disques, et que les concerts marchent très bien. C’est un artiste de scène, qui vaut vraiment le coup en live, mais dont personnellement, je juge les disques assez faibles.
tu restes à mon avis engoncé dans un système qui n’est pourtant pas si vieux, mais qui fait rêver, car évidemment, il est bien plus facile de s’enrichir rapidement avec un tube ou un album qui a tellement de promo qu’il rapporte beaucoup tout de suite, qu’en enchainant les concerts. mais tu ne vois pas que c’est justement cette attitude conservatrice qui empêche pour reprendre ta métaphore bien pourrie de voir le bout du tunnel. de sortir de ce que certains considèrent comme une crise, alors qu’il s’agit d’une révolution: l’accès à tout le monde gratuitement à toute la musique.
Car rappelons le encore et encore, dupliquer des fichiers ne coute rien. et reproduire des disques quasiment rien non plus. C’est de là que proviennent les immenses bénéfices réalisés par les maisons de production, les éditeurs et les distributeurs. Et à ceux qui rétorquent que faire un album coûte cher, je leur laisse le soin de comparer le prix d’une produtcion avec le coût d’un matraquage publicitaire. Considérer l’investissement dans un album, et sa mise à disposition sur le net comme de la promotion pure est simple n’est pas à mon avis une idée si éloignée de ce qui risque de se passer prochainement.
Et pour finir, peut-être vis-tu dans le monde des bisounours, de la musique de paillettes et de variétés, mais les artistes qui déversent leur “haine” comme tu dis sont beaucoup plus nombreux que tu crois. Mais peut-être pas dans les mêmes sphères que les tout-gentils-tout-contents-tout-planqués que le système abreuve.
@tomino bis
C’est le grand n’importe quoi ds ton cerveau donc:
“qui n’aurait pas la haine en voyant Mickey 3D déballer dans le même festoche sa soupe à 6000 spectateurs quand LoJo dans la salle à coté fait à peine 1000.
ou en voyant Lorie remplir un Zenith quand Arhut H fait des salles de 300 places.”
Déjà, si Mickey 3D faisait moins d’entrées, ce la ne permettrait pas à Lojo d’en faire plus. Il n’y a pas de rapport entre les deux. Et puis, personne n’a forçé les gens à acheter des places de concert pour eux ou pour Lorie. De plus, la valeur d’un artiste ne se mesure pas à ses ventes de disques ou aux tailles des salles qu’il remplie?DE quooi parles-tu?
En outre, à te lire, il ya d’un côté les artistes nazes qui remplissent et vendent , et les autres qui restent confidentiels. N’importe quoi.
Je ne crois pas que des artistes tels que, par ex, Les BEatles, Led Zeppelein, Public ennemy, Radiohead, U2, Police, prince, michael Jackson, Stevie Wonder, ect ect, ou pour le marché national: Bashung, Noir desir, M, Daho, etc, soit des artistes pourris. Tous ces grands artistes sont ou ont étés chez des majors, qui leurs ont largement permis d’être diffusés auprès du plus grand nombre.
“à où tu fais erreur, c’est quand tu exprimes comme si c’était une loi de la nature que les baisses de vente de disque impliquent automatiquement la baisse de frequentation des concerts. renseigne-toi en peu avant de déballer ton préchi-précha surané, la fréquentation des concerts a au contraire augmenté tandis que l’industrie du disque se casse la gueule. il n’y a jamais eu autant de festivals que ces dernières années. C’est précisément les maisons de production qui font le choix de promouvoir encore plus ceux qui vendent des disques, c’est eux qui indexent leur engagement (en pression médiatique et en argent dépensé) sur l nombre de disques vendus.”
Alors là, fais moi rire. Déjà le prix des places de concert a explosé depuis la baisse des ventes de disques. Cela parce que toute la filière se rattrappe sur les places. On met aujourd’hui en place des deals 360° qui sont la résultante de cela.
De plus, cette année justement, on assiste à une décrue des ventes de billets. Cela vrai aussi pour les festivals? Donc tu parles sans savoir.
`J’ajoute que lees festivals sont dans leur grande majorité subvantionnés avec l’argent publics, sinon ils ne pourraient pas avoir lieu et bouvler leur budgets. J’ajoute aussi que le spetits concerts dont tu sembles être si friands sont souvent eux aussi subventionnées par les mairies, avec des places moins chers.Là encore donc, tu ne sais pas de quoi tu parles.
Et puis, il est bien évident que la fréquentation des concerts est correllée par les ventes de disques. Il suffit de regarder les charts pour ça. Qu’il y ait plus de promos pour les artistes qui ont ple plus de succès, mon Dieu, rien de nouveau sous le soleil. Faudrait-il que kkun t’apprenne les règles du marketing et de la promotion???
Pour le reste, encore n’importe quoi. Oui produire un album coute cher, oui il y a des frais incompressibles qui font qu’un 1er album n’est souvent amorti qu’à partir du 80000ème ex vendus, et non la musique n’est pas gratuite.La révolution des formats ne veut pas dire gratuité. ça c’est juste la démagogie classique. Nosu verrons le résultat des prochaines lois.
Quant aux immenses bénéfices D’hier, ces maisons de productions n’ont volé personne, si les artistes qu’lles signent vendent des millioons, comme ceux cités au début de c epost, quel est le pb???Ton attitude dénote ce poison très français de la haine du succès et de l’argent.
“Et pour finir, peut-être vis-tu dans le monde des bisounours, de la musique de paillettes et de variétés, mais les artistes qui déversent leur “haine” comme tu dis sont beaucoup plus nombreux que tu crois”
Bon , là, je sais pas de quoi tu parles ni de quels artistes, c’est juste une phrase de plus sans queue ni tête.
allez, bonne chance.
Bonjour à tous et en particulier à Philippe Axel.
J’ai trouvé sur ce blog des débats beaucoup plus constructifs que sur le site d’ASI, qui m’a vivement déçue sur cette question. Quelques exceptions ici aussi, évidemment, dont j’espère que les auteurs auront au moins la clairvoyance de se reconnaître, à défaut de celle de voir le monde tel qu’il est.
Je me permets de copier mes deux interventions sur le site d’ASI, je ne sais pas si ‘ça se fait’, je suis assez novice en matière de forum, mais je souhaite sincèrement participer à la réflexion qu’il me paraît d’autant plus urgent de mener qu’un nouvel accord répressif vient d’être signé. Si de mes quelques réflexions peuvent rebondir des propositions d’action, pour que nous puissions enfin changer, dans ce domaine mais pas seulement, le rapport de forces … Je pense à ce propos qu’il y a un gouffre entre la réalité de ce que font et pensent la plupart des gens, et la représentation qu’en donnent les médias, évidemment intéressés.
Pour finir, je ne peux qu’admirer le ton mesuré et pédagogique avec lequel vous abordez l’auteur de l’article initial (je ne peux me résoudre à écrire son nom), il me faudra encore bien des années pour acquérir tant de patience !
Bon courage et merci de créer des lieux d’expression qui tentent d’aller dans le bon sens.
“D’un problème d’information tronquée, ou adaptée pour le dire de façon plus neutre à un autre support et probablement à un autre public, on glisse très vite au procès d’intention, dans les deux sens, et surtout au débat sur le téléchargement et la propriété intellectuelle. De là, on n’hésite pas à aller sur les qualifications juridiques, attention le mot vol n’appartient pas seulement au vocabulaire courant, mais aussi à une véritable technique très exigeante et où les apprentis sorciers prennent et font courir des risques, le droit pénal.
J’en parle à mon aise, je ne télécharge pas, et je n’achète pas non plus, appelez ça voter avec le porte monnaie ou la politique du caddie vide, tant que ce débat ne sera pas posé correctement, je jouerai la force d’inertie. [comme Agnès] .Si télécharger est un vol, si l’on accepte derrière cette proposition l’idée sous-jacente et nécessaire qu’il faut payer pour accéder, alors que penser des prêts : suis-je une voleuse, une receleuse, une trafiquante, quand j’emprunte ou prête à des amis et simples collègues des livres , des disques, des cédéroms ou DVD ? Et si cède la fragile digue du téléchargement, dont la licéité et la légitimité peuvent effectivement faire débat, qu’adviendra-t-il, juste après, du prêt en médiathèque, puis en bibliothèque ? Des ventes d’occasion en foire aux livres, d’e-bay ? des bouquinistes ? Attention, derrière le refus d’un accès gratuit, tout un monde se profile, celui, justement, du profit. A quand le disque, livre, film, à usage unique dont rêvent déjà les majors ? Et de la même manière que les réacs s’attaquent à l’IVG, parce que beaucoup de gens, même progressistes et larges d’esprit, se sentent malgré tout peu à l’aise avec l’idée même d’une interruption de grossesse, les majors mettent tout leur poids et celui de leurs vedettes (excusez cette pointe d’amertume ou de mépris, comme on veut, mais je me refuse à employer le mot artiste, qui pour moi a un sens fort, au profit de ces gens qui ne sont que des produits, même pas auto-produits, de consommation courante) dans le combat -d’arrière garde, de toute évidence, tant la technique s’emballe, du téléchargement. En brandissant le droit de propriété, en amalgamant sans aucune démonstration préalable les biens matériels et les droits d’accès et d’écoute (là encore, la science juridique aurait son mot à dire), en refusant la différence, qui est plus qu’une nuance, entre un non-achat et une non-vente, ils masquent leurs vraies intentions : les réacs dont je parlais plus haut ont pour étendard l’IVG mais pour vraies cibles la contraception, la liberté sexuelle, l’égalité des sexes, l’accès des femmes au libre choix du travail et/ou de la maternité, l’accès des filles au savoir, l’accès de l’ensemble de l’humanité à un mieux-être plutôt qu’à un obscurantisme orchestré - cherchez à qui profite le crime ! Les majors (consciemment) et les chantonneurs (par bêtise, intérêt de base ou vue à court terme) ont aussi des objectifs bien plus vastes que la vente de quelques milliers de morceaux de plastique dont tout le monde aura oublié dans quelques années jusqu’à l’existence et au bruit qu’ils infligeaient à nos oreilles. Derrière la propriété intellectuelle de chansonnettes, il y a celle sur les médicaments, que les multinationales veulent vendre à prix d’or au tiers-monde, et pas seulement dans la lutte contre le SIDA, la seule qui ait eu le droit à une petite médiatisation. Il y a la propriété des semences, avec la formidable machine de guerre, sous couvert de recul de la famine, que constituent les OGM (je signale qu’à l’heure actuelle, la planète produit largement assez pour nourrir tout le monde, mais transforme une masse croissante de céréales en viande à faible rendement, au profit de quelques-uns seulement - il suffirait, même pas de devenir végétarien, simplement de réduire la consommation d’aliments d’origine animale, pour résoudre le problème - eh oui, et encore, que dire des milliers de tonnes d’aliments qui finissent … à la poubelle ?). Hors sujet ? Non, je crois vraiment être dans l’oeil du cyclone : pourquoi se donnerait-on tant de mal pour désinformer, ou informer à deux vitesses, avec des discours désormais formatés pour le ‘coeur de cible’, si ce n’était pour masquer les millions qui sont en jeu, pas seulement ceux que gagnent de pseudo-artistes, pas seulement ceux qu’ils estiment perdre parce que des étudiants fauchés n’ont pas la patience d’attendre que le disque ait en quelques semaines perdu la moitié de son prix (tiens, mais alors, où est passée l’autre moitié, celle que les moins pauvres ou les plus impatients ont payée ? et qui vole qui ? pourquoi les vêtements de grande surface, étiquetés 60 euros en début de saison (combien ont reçu les couturières chinoises pour tout leur mois ?), sont vendus à 5 euros deux mois plus tard, et sans perte, puisque c’est interdit ? ) N’y aurait-il pas quelque chose de pourri au royaume triomphant de l’économisme actuel ?
Désolée, j’enfreins toutes les règles du post, en étant dix fois trop longue, certainement hors sujet, même au gré de ceux qui auront eu la patience, qu’ils en soient remerciés, de lire jusqu’au bout, mais je reste persuadée que tout est dans tout, comme l’ADN dans la cellule, et que l’appauvrissement des médias et du métier de journaliste, la haine que vouent certains à la gratuité, la brevetabilité du vivant, le formatage des cerveaux des élèves vers du tout-prêt-micro-ondes, les horreurs qu’on fait subir à nos frères et soeurs au-delà des frontières et dans nos rues mêmes, tout cela est lié, avec un dénominateur commun, cette angoisse de ne jamais avoir assez, ce besoin d’accumuler, cette indignation de gens riches à millions à l’idée que leur échappent quelques milliers ou centaines d’euros - et même sur ce point, rien n’est prouvé, parce qu’un téléchargeur n’est pas nécessairement un non-acheteur, comme les gros emprunteurs de bibliothèque sont aussi les gros acheteurs de livres, et inversement, on n’achèterait pas toujours ce qu’on emprunte ou teste sur internet.
Pour finir (si si, ça m’arrive !), je ne peux que conseiller à ceux qui veulent dépasser la surface des choses et la polémique pour le seul plaisir de se friter, même si c’est bien aussi, la lecture d’un excellent livre, en creative commons de surcroît (mise en pratique par l’auteur de ses convictions) : Du bon usage de la piraterie par Florent Latrive, éd La Découverte, avec notamment une mise en perspective historique tout à fait salutaire.
Termajus, lesmenteurssontriches et MDR, à vous lire, je ne suis pas étonnée que vous preniez la défense d’un aussi sinistre personnage. Ne le suivez pas, il doit être terriblement malheureux pour écrire de telles horreurs, pour se fonder une apparence de personnalité sur la provoc primaire et strictement oppositionnelle d’un ado. Quant au pain dur dans la soupe, les bourgeois qui jouent aux pauvres comme Marie-Antoinette à la bergère, tout en citant des poètes qu’ils ne comprennent pas (où sont les rimes riches des petits poèmes en prose de son copain Baudelaire ?) et impliquent de façon condescendante des prolos, c’est devenu un tel poncif … N’ adoptez pas son ton pédant et supérieur pour disqualifier par la seule ‘force ‘ (?) de l’ironie, sans l’ombre d’un argument ou d’une proposition, les posts des autres. Vous n’allez vous attirer qu’un retour de manivelle au même niveau que votre agressivité, à vouloir vous persuader que vous êtes des gens tellement extraordinaires … juste un détail : le code pénal ne dit pas la même chose que vous. Dommage de donner des leçons dans ces conditions !
Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui : http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnArticleDeCode?code=CPENALLL.rcv&art=311-1
Le téléchargement, à condition qu’il soit multilatéral :
http://www.foruminternet.org/particuliers/fiches-pratiques/internautes/ai-je-le-droit-de-telecharger-des-fichiers-musicaux-ou-videos-sur-les-reseaux-peer-to-peer.html
relève de la contrefaçon :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnArticleDeCode?code=CPROINTL.rcv&art=L335-2
Et pour que tout soit clair : je ne suis pas dessue (c’est bien ça, votre orthographe progressiste et intellectuelle d’amateur de Mozart et d’anti-informatique - vous écrivez vos posts sur une Remington , alors ?) de mon existance (sic et resic) metro boulot dodo, au contraire, je crois encore en autre chose qu’un élitisme sordide. J’écoute l’Université populaire et les Grandes heures de France culture … sur un MP3, en MARCHANT pour un monde respirable à tous points de vue.
Et je pense, comme Peter S, ou Terry, qu’un monde nouveau est en gestation, il nous appartient encore d’en faire quelque chose de bien … même si les forces sur lesquelles nous pouvons compter sont bien réduites, il suffit de lire un forum pour ne pas se griser de trop d’illusions. J’en garde assez malgré tout, grâce à quelques posts sympas et constructifs. Merci, à ceux-là : malgré les nombreuses personnes tétanisées ou ratatinées sur des schémas déjà morts, qui donnent des coups de griffes dans le vide pour avoir l’impression de se singulariser, nous agirons pour que le monde soit celui que nous voulons et non celui qui s’impose à nous. L’avenir sera construit par les positifs, les chaleureux, les indulgents, les utopistes, les rieurs, les insolents, les partageurs, les fous et sûrement aussi pas mal de ‘délinquants’ à l’aune de nos règles actuelles. Rappel historique : les premiers grévistes étaient hors la loi, comme les Constituants de 1789, comme les esclaves fugitifs, comme les squatteurs et les sans-papiers… La loi n’est que la cristallisation, à un moment donné, du rapport de forces. Quand il change, elle finit tôt ou tard, dans la négociation ou dans la crise, par évoluer aussi. A nous de choisir, si nous le pouvons encore, une reconstruction en douceur pour éviter un tsunami qui ne trie jamais ses victimes. J’ai fait mon choix dans la vie quotidienne, tout acte, y compris l’achat d’un disque dans les conditions honteuses qui prévalent actuellement, est un acte politique.
Merci à ceux qui me donnent envie de continuer à militer, je ne peux que plaindre, sincèrement, les autres, je crains en effet qu’il ne soit pas en mon pouvoir de les aider. J’essaie quand même : relisez le chêne et le roseau, lisez Albert Jacquart, Jean-Pierre Le Goff, Vincent de Gaulejac, Dany-Robert Dufour et tant d’autres. Bonne chance !
Merci d’être si nombreux à venir discuter ici.
Il faut que ça sorte !
Essayez juste d’être un peu plus court sinon personne ne lira plus rien.
Merci.
Et j’en profite pour dire évidement que j’ai envoyé un email à JL Murat le jour même où j’ai posté cet article pour l’inviter à venir répondre ici ou par email.
@pim
je vais te raconter un bout de mon histoire. Il y a 7 ou 8 ans, nous avons passé un tremplin avec mon groupe de l’époque pour jouer dans un grand festival: les Eurockéennes de Belfort. nous avons été sélectionnés avec quelques autres groupes, et on nous a offert ce qu’à mon avis le système actuel refuse à la plupart des groupes ou artistes etc.. la possibilité d’être entendus par un grand nombre de gens, dans des conditions d’égal à égal avec les artistes connus. Bref, nous avons joué en fin d’apres midi sous un chapiteau, que nous avons rempli, sans promo, juste en attirant les gens qui passaient par là pour atteindre à vue d’oeil et selon le programmateur 15OO personnes sur une jauge de 2000. Tous contents de voir que notre musique pouvait plaire, nous montons un petit dossier de presse, et avec un enregsitrement auto-produit, montons à la capitale démarcher. la réponse a été chaque fois la même: “ah c’est intéressant, c’est bien joué, on voit que ça tient la route. maintenant faudrait nous faire un tube”.
Ce qui veut dire en substance: nous ne voulons pas prendre de risque, mâchez nous le travail. Nous voulons être sur que notre produit se vendra.
Toi qui me reproche de ne pas connaitre les lois du marché, je voudrais te dire juste ceci. Je t’assimile tu me diras si je me trompe - je me base sur tes remarques “c’est bien français cette haine de l’argent” etc etc- à notre nouvelle droite décomplexée qui tente de nous faire avaler que le modèle économique outre-atlantique est la panacée. Or à la base de votre modèle économique chéri, le laisser faire laisser passer, “c’est pas nous c’est le marché” si vous comprenez pas ses lois vous êtes à coté de la plaque, il y a posé comme hypothèse que ce modèle est valable quand le plus grand nombre de consommateurs a accès au plus grand nombre de produits possibles. Ensuite la main invisible et les citoyens éclairés font que tout se passe bien. Super. Mais voilà le problème: c’est justement les quelques entreprises qui dominent qui imposent, ou au moins inondent le marché de leurs produits. C’est le cas de Lorie par exemple. Et quand tu dis qu’on n’a pas forcé les gens à aller voir Lorie, je prétends que c’est faux. on a massivement orienté les gens qui recherchent ce type de divertissement (qui soit dit en passant est une arnaque totale, vu qu’il s’agit de playback quasi-intégral) vers cet unique produit.
Et quand ceux qui se présentent comme des marchands, des dirigeants d’entreprise qui font sans arrêt appel aux lois du marché se trouvent devant un problème de taille, à savoir que le marché leur donne tort, qu’il perdent de l’argent, au lieu de se dire qu’ils font erreur, de remettre en question leur tactique, ils font appel à la loi, enfin pire: ils font pression pour qu’on donne un cadre juridique qui leur permette de garder leur monopole et leurs privilèges. Et là tout d’un coup, plus de laisser faire laisser passer, on va pleurer devant l’état et insulter le public (porcs qui se gavent, voleurs).
C’est, à mon avis ce qu’internet peut donner les moyens de changer, donnant accès à tout le monde à presque tout. Pour reprendre l’argument souvent cité dans ce type de débat: moi-même, telechargeant beaucoup, j’achète aussi beaucoup, de ce qui me plait après plusieurs écoute. disques que j’achète même en double ou triple pour faire découvrir. Et j’achète plus depuis que j’ai les moyens de connaitre, et de découvrir sans attendre sur les inrocks, telerama ou taratata pour me donner l’occasion de découvrir de la musique qui a déja été selectionnée en amont.
Pourquoi je me donne la peine de te répondre à toi, sachant que je ne te convaincrai pas? sachant que tes arguments sont pour la plupart non pas faux mais largement orienté par ton idéologie:
- les petits concerts et les festivals sont subventionnés? et alors? quand tu vas à la piscine, c’est subventionné, quand tu vas au Louvre c’est subventionné, quand tu vas t’inscrire au Conservatoire ou en école nationale de musique, c’est subventionné. pourquoi pas les concerts? t’as un problème avec les subventions?
- tu me fais dire que les artistes qui vendent beaucoup font de la merde et les autres font forcément des choses de qualité. c’est faux, je dis juste qu’on ne donne pas le même potentiel d’écoute à tout le monde. Qu’il y a des gens qui choisissent, et qu’ils font croire que c’est le public qui est seul à choisir.
- un album coûte cher? où vas-tu chercher cette rentabilité à partir de 80 000 disques? entre radiohead qui passe 2 ans en studio et tiens, pour le citer, Murat qui enchaine les disques, il est évident que le cout de production doit varier du simple au centuple. donc comment peux-tu poser ce chiffre?
pourquoi donc passer du temps à te convaincre si c’est perdu d’avance vu que mes arguments à moi sont aussi peu objectivement choisis que les tiens.
c’est qu’en l’occurence, il s’agit bien d’idéologie, de choix de vie, de société,de fonctionnement, et pas de savoir qui a raison étant posées comme des hypothèse mathématiques les lois du marché, et le comportement des uns et des autres.
et comme il est dit plus haut, la loi vient à la fin, donner raison à celui qui gagne le rapport de forces. Le telechargement gratuit, est une arme dans ce rapport de force, face à laquelle les maisons de disque n’ont pas de bouclier et prennent peur.
d’où je pense leur comportement réactionnaire. de protéger ce qu’ils ont déja au lieu de s’adapter.
mon utopie à moi est simple: que les gens aient accès le plus facilement possible au plus grand nombre d’artistes possibles, et que les artistes qui produisent, composent, jouent de la musique puissent vivre de leur métier. et pour moi, la diffusion gratuite de la musique n’est pas un obstacle à cet idéal, au contraire.
J’aimerais que tu me dises pourquoi ce soutien aux maisons de disque? pourquoi prendre la défense de mecs comme Obispo qui peuvent se payer un studio Hi-tech avec les droits d’une chanson? C’est à dire soutenir un système qui permet à une personne de gagner plusieurs millions d’euros avec un titre? quel est ton but?
et juste pour finir sur une note de haine sinon je vais me sentir moins bien dans ma peau d’artiste aigri franchouillard qui ne comprend rien au marché et qui en veut aux riches et talentueux de ne pas être aussi riche et talentueux: d’accord pour ta liste de grands artistes signés par des majors qui font de la bonne musique: sauf Daho quand même, c’est de la merde…
Je trouve votre lettre très bien rédigée et je pense que vous avez tout à faire raison sur la première parti de votre argumentaire.
Je trouve juste dommage que vous vous soyez abaissé à répondre à Jean Louis Murat sur le coté “chanteur raté”. Visiblement vous vous êtes senti visé et ça dessert votre argumentation.
Je pense que Murat a raison sur au moins un point dans son interview : n’est pas Artiste qui veut.
Là où il se trompe c’est que ce n’est pas une question de sacrifice mais de reconnaissance sociale On devient Artiste car socialement on est reconnu comme tel : pas seulement par son entourage, il faut un mélange étrange entre une masse anonyme, ses pairs et ses détracteurs.
Je crois donc que vous vous êtes trompé de forme, en répondant aussi personnellement à Murat, vous êtes tombé dans son traquenard provocateur : vous vous êtes laissé identifier comme l’un des “chanteurs ratés”.
Dommage, je pense que ce dernier paragraphe était de trop.
Je pense que s’il n’avait pas employé ce terme de “chanteur râté”, je n’aurais jamais écrit ce texte. Car le reste de son propos ressemble à d’autres que l’on a déjà pu lire avant. C’est la première fois qu’un artiste établit ose publiquement exprimer sa haine de ceux qui veulent exister gratuitement sur la toile, sans contrat de maisons de disques. Parceque “chanteur râté” c’est lourd, c’est de la haine. Je propose donc à ce monsieur de réfléchir un peu sur la chance qu’il a eu de signer un contrat avec une maison de disque compte tenu de la masse des auteurs de chansons et des productions musicales. Une chance comparable à celle de gagner au Loto. Et derrière cela se pose le problème général de la selection des professionnels de la musique.Je le pose de manière très détaillée dans mon livre et je propose une solution originale de selection démocratique sur la toile.
Quel dommage que des débats aussi important soient cantonnées à un site.. tout cela manque vraiment d’humanité..
Je n’ai pas apprécié la position de JLM et je suis loin de partager la position de Philaxel.. La publication sur Internet a des tas de raison, certains artistes sont anarchistes croient en la gratuité et au partage d’autres sont opportuniste et espèrent devenir “grand” avec tous plein d’amis sur myspace.. Il n’y a pas d’unité..
Souvent dans les opposants les plus farouches sur Internet (notamment sur la dadvsi), on trouve des passionnés de technologies.. Mais là encore, c’est une minorité qui s’exprime..
Mon point de vue dans tout ça (que je constate malheureusement très minoritaire) : c’est que la révolution numérique est une arnaque.. on précipite les internautes et les artistes dans des univers web2.0 marketées..
Rien n’a changé, on trouve toujours des consommateurs, sa forme a changé, c’est maintenant devenu un pauvre avatar.. mais l’illusion de la possession reste (mon ami, mon cd, mon vinyle)..
Révolution il y aura quand on sera vraiment sortie de l’ère marchande, que les artistes et internautes se rencontreront sur d’autres espaces que les sites marchands qui imposent le même agenda que les radios commerciales
soyons concrets, pragmatiques, parlons des licences de libre diffusion, j’utilise cc by nc-sa, car je souhaite que mes morceaux soient échangés librement. je souhaite pouvoir gérer l’exploitation commerciale pour pouvoir la limiter.
La rémunération par la copie n’a pas de sens : ni artistique, ni économique (le prix est fixé sur la rareté, la rareté est ici complètement illusoire..)
le débat autour de ce texte de JL Murat a eu lieu, sur Ratiatum.com, sur Lemonde.fr, et de nombreux autres blogs. Le débat général sur les nouveaux modèles économiques de la musique a eu lieu aussi déjà sur de nombreux sites Internet et des rencontres de professionnels, notamment en 2006: Fondation Internet Nouvelle génération, CSPLA, CSMA, colloques etc.
d’ailleurs un nouveau colloque est annoncé à paris le 12 décembre où je suis invité:
http://www.philaxel.com/?page_id=113
Les débats de la FING par exemple, qui ont été très interessants, qui ont durés plus d’un an, avec les principaux acteurs de la filière (j’y ai participé aussi), ont aboutis à une synthèse finale qui est en accord avec ce que j’exprime ici et dans mon livre.
@tomino
dis, on est train d’établir une véritable correspondance, hihihihi.
Crois moi , j’entends tes arguments. Pour ce qui est de ton aventure avec ton groupe, rien de nouveau sous le soleil. Il est arrivé à tous les artistes de se faire blackbouler lors de démarchages, il faut à bcp une dizaine d’années avant de se faire signer. La patience et l’oponiatreté sont des règles dans ce métier. Et puis si ces boîtes cherchent des tubes, elles en ont le droit. Il y a des labels plus petits, indépendants, qui ont des politiques artistiques différentes.
Le fait que tu n’es pas étét signé est dommage pour toi, mais peut-etre que ce n’était pas le bon moment, que vos chansons n’étaient pas à la hauteur, ou que sais-je…
ensuite, je n’ai rien à voir avec ce que tu appelles la droite décomplexée, loin de la. Les choses ne sont pas si caricaturales. à te lire, on c’est soit l’un soit l’autre. Les choses sont bien plus complexes et j’affirme qu’à te lire, on voit bien que tu n’a pas profondément saisi le fonctionnement des compagnies de disques.
Loin de moi l’idée de vouloir défendre à tous prix ces maions de disques. elles ont fait et continuent à faire des erreurs, les DRM par ex, mais cela n’a rien à voir avec la piraterie.
C’est autre chose, le téléchargement illégal. Et vouloir faire croire au gens que c’est comme ça , c’est normal ,on ne peut rien y faire, et puis tant pis si ça fais des dégats, et bien cela justement me semble être une idéologie bien libérale venant de kkun qui m’accuse faire partie de la droite décomplexée. ça me fais sourire.
je comprends que les choses touchants à L’art (même mineur) créent des réactions épidermiques, notamment chez ceux qui n’ont pas réussis dans ce job? Il suffit pour ce la de voir que ce qui choque bcp de gens dans les propos de Murat est le fait qu’il parle de chanteurs ratés. Mais il a au moins le mérite de ne pas faire dans le politiquement correct, lui.
j’insiste, pour le moi, le comportement réactionnaire type est le tien. Laissez faire, voler, prenez , c’est l’utopie du gratuit, du tout égalitaire. Mais ça ne marche pas et bien sur les lois iront dans le sens de l’industrie, car sans cette industrie, tout les disques que tu dis acheter ne seront plus produits, et donc il n’existeront pas. Point barre.
Pour ce qui est des subventions, non je ne suis pas contre, mais j’insistais dessus. Peu de gens savent cela, c’est tout.
La rentabilité autour de 80000 disques est bien sure une moyenne, mais le fait que tu ne saches pas cela montre ta méconnaissance des maisons de disques, une fois de plus, et de comment vit cette industrie.
Et pour Daho, bah une fois de plus on est en désaccord, mais celui là ne porte pas à conséquence au moins.
Ah les expressions tombent, réactionnaire, libéral (ultra).. IL va falloir vérifier un peu dans le dico les gars, parce que là c’est très antinomique tout cela.. dans la liste qui marche bien sur les forums : il y a aussi faciste, pujadiste (demande un peu plus de mémoire..).
Non mais sérieusement, pourquoi faudrait-il défendre les maisons de disques ? Je n’espère qu’une chose, qu’elle crève une à une! La musique n’a vraiment pas besoin d’eux! Bon forcément pour comprendre cela il faut sortir un peu son esprit de la sphère marchande dans laquelle nous enferme le capitalisme (le citoyen consommateur où comment réduire l’être humain à une seule et unique facette celle du con sot mateur ;:)
J’aimerai vraiment pouvoir lire une explication censée sur l’intérêt d’avoir des maisons de disques.. Car la seule chose qu’elles ont réussis à faire (grandes ou petites) c’est réduire le fan de musique à un consommateur de produits (même les micro labels de cdr jouent la rareté en créant des séries limités de leurs skuds, c’est la même logique que les grosses). Le résultat dans tout cela : la musique se consomme.. Assister à un concert devient vite déprimant (avant et pendant en supposant bien sûr que la musique est intéressante) : il n’y a pas de convivialité : les gens sont refermés sur leurs petites individualités de consommateurs. parfois ils se déplacent en meutes, pardon en tribu (ca fait plus sociologique..).
Heureusement, certains concerts de punk-ska arrivent à troubler un peu cette morosité.. bon après faut avoir envie d’écouter que ça en musique, ce n’est pas mon cas…
La base du micro-label dadaprod est anticapitaliste et j’invite tout ceux qui partage ces idées à nous rejoindre.. Le droit d’auteur orienté vers le commerce est une idéologie qui vise à créer de la rareté là où il ne devrait pas y en avoir!
Un putain de Cd n’a rien d’unique, en théorie capitaliste : plus il est produit, moins il est chère : c’est tout le contraire avec les maisons de disques. plus on produit, plus on crée de la publicité, plus le produit est chère, moins les artistes ont du blé !!
C’est vraiment trop top comme système non ?
Merci, Sardon, vous me coupez l’herbe sous le pied, j’allais justement appeler à un peu de circonspection dans le vocabulaire : le libéralisme n’est plus seulement le laisser-faire, laisser-passer du début du 19ème, le poujadisme, quant à lui, est, comme vous le soulignez, totalement daté et maintenant inutilisable, les trente glorieuses, l’urbanisation, le salariat et la mondialisation sont passés par là !
Pim, je voudrais comprendre : la gratuité, c’est réactionnaire ? Donc, réactionnaire, l’école gratuite de Jules Ferry ? n’ayez crainte, le progrès est en marche, au moins dans les universités. Réactionnaire, l’autoroute gratuite ? envoyez ça à Tony Blair, ça va le détendre un bon coup ! Réactionnaire, la CMU ? On pourrait mettre 20 pages d’exemples … c’est quoi, votre problème avec la gratuité ? pour le guignol qui est à l’origine de ces échanges, c’est clair, il se dit anti-démocrate et happy few, je paie donc je suis. Mais vous, vous ne me semblez pas dans cette optique. Expliquez-moi.
Sardon, vous avez raison, notre monde est en train de créer, non seulement des besoins totalement artificiels, et des objets délibérément éphémères qui vont grossir les amas de nos déchets, mais aussi des marchés fabriqués de toutes pièces à partir d’une rareté fictive. Il va falloir inventer, maintenant, pour sortir de cette logique infernale qui nous mène au suicide collectif.
Sur l’art : ce serait bien de distinguer des étapes. 1) création dans une ascèse et une construction individuelles, sans diffusion aucune (ça existe, je connais des cas) 2) diffusion à quelques pairs, pour vérification, progrès exigeants, émulation 3) diffusion plus large pour reconnaissance 4) diffusion totale pour reconnaissance par l’ensemble de la société, voire la postérité 5) diffusion pour rémunération déconnectée de la création ou de la performance (concert, expo), différée dans le temps, y compris si ça continue jusqu’à la 13ème génération, qui a eu la chance de naître dans la bonne famille. A chaque étape, des vampires (profiteurs financiers, plagiaires, etc) apparaissent. Il faut défendre les artistes, pas les parasites.
Surtout, bien au-delà de la création, c’est un changement radical de société qui se profile, pour le meilleur ou le pire : 1) la propriété intellectuelle, ce n’est pas seulement la musique, c’est aussi l’image, physique ou reproduite, et surtout les médicaments, la brevetabilité du vivant, les OGM (j’en ai parlé plus haut) 2) si nous acceptons sans broncher que les FAI puissent punir à la place des forces de police et de justice (en pleine suppression de tribunaux, ça ouvre évidemment des perspectives !), où allons-nous ? Demain, on demandera à votre bailleur de vérifier l’identité et les titres de séjour des petits camarades de classe de votre enfant, venus goûter ou jouer à la playstation. Qu’ils soient d’affreux délinquants ou des sans-papiers, et votre bail sera résilié ? On s’assurera au péage que votre fils à peine mineur a bien son permis, et qu’il n’y a aucune trace de cannabis dans les poches de ses passagers, et la société d’autoroute confisquera votre voiture ?
Bien sûr, j’exagère, mais je ne force le trait que pour essayer de vous alerter sur cette insidieuse privatisation et multilatéralisation de la répression, contraire à tous les fondements de notre société, et lourde de menaces.
De manière plus réaliste, on pourrait très bien décider d’instituer les FAI en police des téléchargements de vidéos de Sarkosy au G8 ou de caricatures, Gif et ritournelles que le président jugerait offensants pour sa petite personne.
On arrête mieux un fleuve à sa source qu’à son embouchure, disent les Chinois (qui s’y connaissent en flicage sur Internet) : il est encore temps d’agir, mais il faut faire vite. La dernière fois, en France, que le pouvoir central a délégué la répression, c’était aux alentours de l’an mil, avec la mise en place de la féodalité - et là, je ne plaisante pas et n’exagère pas.
au final, on peut peut etre quand même remercier murat de nous faire un peu réfléchir… et communiquer… grâce à son côté “provoc”… trop peu d’artistes se mouillent ainsi.. et provoquent des réactions de la bouillie du net (je bosse dans le net).
Tout à fait d’accord avec Will.
Murat a raison de dire ce qu’il pense, de soumettre ses reflexions. Les artistes ne peuvent pas se laisser exclure de ces débats. Quand on voit que dans l’histoire, ils ont toujours été les dindons de la farce…Il est temps qu’ils se prennent un peu en main, qu’ils lisent des bouquins de droit, de philo, d’économie et qu’ils défendent leurs interêts en se forgeant leur propre opinion.
Il faut juste que Murat ne se trompe pas de cible.
Un chanteur ne chante pas seulement pour des clients solvables.
Je voudrai aussi vous rappeler l’excellente lettre de Roberto di Cosmo à Eddy Mitchell, qui n’a pas perdu de sa saveur deux ans après. Je la donne à mes étudiants de l’ESCP…
http://www.pps.jussieu.fr/~dicosmo/MyOpinions/index.php/2006/01/02/19-monsieur-mitchell-soyons-amis
J’ai lui vos reponses a la lettre de Philippe Axel, je suis d’accord avec les unes et pas du tout d’accord avec les autres, mais ca presente peu d’importance. Ce que je voulais dire c’est que oui, oui, je suis ravie que JL fait du scandal sans toujours y penser. Mais, a part ca, ne croyez-vous qu’on oublie quelque chose? JL n’est pas un commercant de viande (c’est-a-dire de CDs etc.), il est un artiste, un musicien tres sensible, tres cultive, tres engage dans son travail. Donc, je suis fortement contre les commentaires des gens qui veulent le ridiculiser (”il est fixe dans le temps passe”, “il nous aurait chanté les charmes de la lampe à pétrole” etc), a partir de quelque chose que JL a dit. C’est rigolo. Plus, la raison n’est pas une idee absolue en soi-meme et en suivant cette loqique, JL a certainement sa partie de raison.
Je voudrais remercier JL Murat au nom de tous les gens qui ont telecharge ses albums. En ce qui me concerne, j’ai fait cela car ici-bas il n’y a pas des lieux ou on peut acheter JL Murat, car ici-bas il y a peu de personnes en ayant meme entendu son nom. Mais, malgre mes mp3, j’acheterais un CD de JL avec le plus grand plaisir et frisson d’enthousiasme.
Merci beacoup.
“Ta gueule, ta gueule maudite!”
Facteur, femme de ménage, et maintenant ‘marchand de viande ‘(boucher ?) … au-delà de l’article du Monde, minuscule et ridicule en lui-même, la polémique qui nous occupe depuis quelques semaines a dérivé dans bien des directions : qu’est-ce que l’art ? comment et de quoi doivent vivre les artistes ? un vrai artiste est-il seulement celui qui vend (et se protège vertueusement contre un vol qui n’en est juridiquement pas un), ou seulement celui qui ‘couche dehors’ (je cite, c’est trop drôle comme contradiction !). Et plus sérieusement, quelle société pour demain et pas seulement du point de vue de la création ?
Et maintenant, derrière cette façon condescendante de traiter certains métiers, des groupes entiers de nos concitoyens, voisins, familiers, réduits à des stéréotypes un rien méprisés, je me demande (ou je crains de deviner) ce qui se trame. Pour le dire plus crûment, ça pue son 19ème siècle, ses Monsieur Prudhomme bien-pensants, légalistes, bedonnants et double-mentonnés, qui se pâmaient devant Cabanel et crachaient sur Olympia, pendant que leurs rombières vaquaient à leurs bonnes oeuvres et à ‘leurs’ pauvres, tout en surveillant la cuisinière qui devait finir les restes. Bref, ça pue. De l’air !
Des artistes, des vrais, j’en côtoie tous les jous, et je n’en ai jamais entendu un se targuer de sa sensibilité pour défendre une telle abomination que l’élitisme.
Quant à la provoc … il faut une sacrée dose de talent (et de recul, et d’humour, et d’humilité) pour manier ce gaz rare. L’une sans les autres, c’est H2 sans O : inflammable, certes, et spectaculaire, mais dénué de toute capacité à donner une once de vie. Tout le monde n’est pas Coluche, Desproges ou Cavanna … et ceux qui prennent ingénument la hargne et le mépris des bileux pour de la ‘grande gueule’ devraient enfin sortir du bac à sable et de la bibliothèque rose : le monde qui nous menace mérite plus de mesure et de sérieux. Au boulot, les gars et les filles, et pas dans l’élitisme ou le passéisme, mais dans le partage, l’utopie, l’enthousiasme et l’imagination !
C’est toujours défoulant de discuter, mais l’avis des gens reste tristement prévisible.
“Dis moi à quoi te sert ta guitare et je te dis ton avis sur internet, le téléchargement, etc…”
Chacun tentant avant tout de se rassurer sur ses propres choix.
Comme presque toujours en Hexagonie, le débat d’idées, à grand renfort de vocabulaire ronflant, références historiques etc…, n’est là que pour masquer les petits conflits d’intérèts, ici le bon voisinage entre l’ordinateur, le confort, le porte monnaie et l’ego de chacun.
Pfffffffff……
‘mais aussi des editeurs et des producteurs’, je n(ai pas tout à fait saisi ce point précid. à part cela, billet trèsn intéressant, comme souvent ! erci et continue !