Tous mes remerciements aux organisateurs de la conférence du 13 Juin 09 à la Ferté Alais. Mon intervention d’un peu plus d’une heure ayant été filmée cela me permet aujourd’hui de vous faire partager un premier montage de 10 mn: la révolution numérique .
Alors qu’une Loi Hadopi rafistolée pointe son nez, et avant que je ne puisse mettre en ligne sur youtube la vidéo de ma conférence récente à la Ferté-Alais que j’ai reçu aujourd’hui au courrier, j’aimerai vous faire partager ce travail en deux parties du consultant Gerd Leonhard, auteur du livre « the futur of music ». Comme les autres consultants indépendants qui ont travaillé en profondeur sur les modèles économique de la musique à l’ère de la toile, Gerd considère qu’il est vain pour l’industrie du disque de lutter contre ses clients et le flot de musique gratuite (music like water) qu’il s’agit à présent de prendre en compte et de monétiser, y compris par des transferts de ressources indirects. C’est aussi la conclusion de Jim Griffin qui travaille sur le projet Choruss (licence globale pour les université américaines), de Chris Anderson qui publie ce mois-ci un nouveau livre sur les modèles économiques du gratuit intitulé « Free: The Future of a Radical Price» , sans oublier bien sûrs de Jacques Attali .Nous avons chacun en commun d’avoir présenté au moins un livre et une conférence sur le sujet. Nous arrivons aux mêmes conclusions, qui semblent pourtant ne pas convaincre encore tout à fait les décideurs, qui sont trop occupé pour perdre leur temps à lire les livres que nous écrivons. Mieux vaudra tard que jamais pour les emplois dont ils ont la responsabilité.
Le rebelle qui s’exprime sur ce blog et qui peste contre les dérives de l’industrie du disque est un enfant de la télé qui a passé son adolescence à donner des coups de pieds et des coups de hanches en l’air devant la glace en imitant Michael Jackson. D’ailleurs j’avais écris un article en Juin 2005 titré « I love you Michael », alors que je pressentais déjà le pire pour lui devant le gâchis de ses pulsions auto-destructrices.Je me contenterai dans cet article de témoigner simplement de la manière dont cet artiste a pénétré mon inconscient comme des millions d’autres êtres humains sur cette planète. Quelques fans s’y retrouveront peut être. Michael Jackson était un vrai grand artiste, capable de transmettre une énergie incroyable, j’ai eu par ailleurs la chance de le voir en concert en août 88 à Montpellier.
La crise profonde que vit actuellement la gauche française est due au fait que même à gauche, il n’y a plus que des conservateurs. Les NTIC ouvrent à des révolutions numériques positives, pour notre économie, la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité et notre qualité de vie alors que tout le monde ne travaille que sur ses aspects négatifs. La peur de l’avenir est le propre du conservateur, le progressiste lui, est un utopiste, dans le sens où l’utopie est un idéal dont il suffit que la majorité soit d’accord pour qu’il soit adopté. C’est une formule d’Albert Jacquard que j’aime beaucoup, un homme qui prouve que ce sont parfois les plus jeunes aujourd’hui qui sont les plus conservateurs. Peut être parce que les plus âgés des intellectuels savent que l’on ne pourra que faire mieux dans l’avenir, que ce vingtième siècle dépassé, et son cortège d’abominations. Et pourtant, un nouveau ministre de la culture, Frédéric Mitterand, a été nommé hier dans notre pays, choisis pour sa propension à la nostalgie et au conservatisme.
Vive la république française ! Voilà ma réaction spontanée lorsque j’ai appris la censure du conseil constitutionnel du volet répressif de la loi Hadopi pour les raisons mêmes que j’évoquais sur ce blog, de respect du droit fondamental qu’est la liberté d’expression par la toile. Se référant aux articles 19 et 11 de la déclaration des droits de l’homme, la France a envoyé un signal clair et retrouvé ainsi sa valeur d’exemple au niveau international. On ne peut pas couper l’accès Internet à un citoyen sans procès équitable et sans procédure contradictoire. Je suis fier d’être français aujourd’hui, au moins autant que j’en avais honte pendant les débats de la Hadopi, devant tous ceux, et parfois même des artistes, qui ont soutenu ce monstre de projet de loi, amorce d’une dictature du marché, par la surveillance et le conditionnement. Loi qui n’apportait par ailleurs aucune solution nouvelle de rémunération des créateurs et d’accompagnement positif de cette révolution numérique inévitable.
Laurent Joffrin, PDG du journal Liberation, est le premier patron de presse à demander publiquement cette semaine l’instauration d’un transfert de ressource des FAI vers la presse écrite. Par le plus grand des hasards je posais la question au patron du Monde Interactif début Mai lors de sa conférence pour Think Digital. Et c’est l’occasion pour moi de rappeler qu’il y a trois ans je soumettais dans mon livre une proposition qui prenait en compte le financement d’autres types de contenus sur la toile que la musique et la vidéo, comme les sites web des ONG, des services publics et de la presse en ligne. Je tenais en effet à ce que la question globale du financement des contenus au sens large soit abordée dans le débat. Pour le moment, les dirigeants de la presse, comme ceux de la filière musicale, avaient ignoré cette solution pragmatique pour des raisons purement idéologiques, obscurantistes même, lorsqu’on songe qu’ils ont refusé de l’étudier sérieusement. Tout cela changera tôt ou tard, après avoir attendu malheureusement quelques vagues de licenciements. Lire la suite »
La propriété intellectuelle, que ce soit pour les œuvres ou les brevets, a été bâtie dans un compromis entre le collectif et le marché dans un but social : la rémunération des créateurs sur les usages lucratifs de leurs créations . Aujourd’hui, à l’heure où le principe de domaine public est remis en cause par des demandes sans cesse renouvelées d’extension temporelle des droits, il me semble utile de faire le point sur cette question . Rappelant par exemple que Victor Hugo parmi d’autres, a défendu très fermement la notion de domaine public, notamment dans le célèbre discours du congrès littéraire international en 1878. Victor Hugo avait compris en effet que l’œuvre de l’esprit était avant tout une œuvre d’origine collective et à destination de la collectivité et que s’il fallait une rémunération des auteurs, celle-ci ne pouvait être que limitée dans le temps créant ainsi un domaine public. Même si la question du « domaine public payant dans le cadre lucratif » reste ouverte, qui pourrait aider par exemple, les nouveaux créateurs ou les artistes retraités, la remise en cause totale du principe de domaine public aurait des conséquences néfastes, pour la culture mais aussi pour les industriels.
La politique dominante actuelle issue de la « révolution libérale », a recréé dans les entreprises une ambiance de mépris et d’humiliation du travailleur, de harcèlement des syndicalistes et de méfiance des employés de gauche. Ne me dites pas le contraire, je l’ai vécu par le passé à de nombreuses reprises, dans un parcours où j’ai connu plus d’une dizaine d’entreprises différentes. Un patron respectable, cela existe pourtant, et en plus, c’est efficace. J’ai été absolument bouleversé par cette histoire de ces salariés du site de Longvic d’Initial BTB qui ont fait grève …pour garder leur patron ! Je souhaitais donc vous la faire partager ici. Elle prouve que l’on peut être à la fois un entrepreneur, être respecté, et même aimé par les salariés de sa boîte. Ce patron là devrait être aujourd’hui à la tête du MEDEF. C’est ce que l’on pourrait appeler : un exemple.Dans le rock on dirait: c’est le boss !
Il est bon de rappeler en ces temps de trouble entre les artistes et le PS et en éclairage du récent licenciement d’un cadre de TF1, que les deux sociétés qui soutiennent avec le plus de ferveur la Hadopi au nom de la lutte contre le piratage ont de fait, pris à l’abordage il y a quelques années, deux sociétés publiques, que nos aïeux avaient entretenus par leurs impôts, pour en faire deux sociétés privées au service d’idéaux politiques. Retour résumé sur l’histoire de la création de TF1 et celle de Vivendi, dont la consanguinité dans le combat pour la Hadopi rappelle que leur création obéissait au même objectif politique : le soutien direct aux thèses de la « révolution libérale » et aux hommes politiques qui les portaient alors.
« C’est une maison bleue adossée à la colline, ceux qui vivent là ont jeté la clef ». Une des plus belles métaphores sur la gratuité fraternelle opposée à la propriété. Elle était l’œuvre d’un ancien auteur de génie, Maxime Le Forestier, qui nous a quitté cette semaine, bien que toujours vivant. Aujourd’hui grand ami de Pascal Nègre, l’homme de la musique marchandise, considérant sans doute que l’amitié se compte en droits d’auteurs, il vient donc lui donner un petit coup de main. Le maître tire ainsi sur sa propre légende expliquant sur Europe 1 qu’il « n’y a pas de repas gratuits », tout en chantant pour les restos du coeur. C’est triste de vieillir, l’esprit se brouille, mais c’est un peu notre lot à tous. La sécurité, voilà encore et toujours l’argument de Nicolas Sarkozy pour retourner les petits vieux de gauche du showbiz comme il a retourné les petits vieux qui votaient pour le PC ou le FN, gagnant ainsi les élections.