Il y a des gens qui sont déprimés le jour de Noël. Je l’étais le jour de la fête de la musique depuis l’âge de 15 ans , depuis ma dernière scène ce jour là avec un groupe de rock rue de la république à Amiens en Picardie. Depuis chaque année je voulais jouer à nouveau, sans le pouvoir. Toute ma vie a tourné autour de la musique depuis l’âge de 13 ans. Mais voilà, j’ai dû déménager souvent et puis travailler pour gagner ma vie tout simplement. C’est donc à 42 ans que je me suis acheté pour la première fois un ampli guitare, que j’ai pu trouver des musiciens disponibles et motivés par une aventure commune et que j’ai chanté à nouveau pour la fête de la musique. L’émotion était grande évidement. Voici donc quelques images du concert de notre orchestre Le Bounty sur une scène préparée par France Bleu Auxerre que nous remercions encore pour l’invitation, la sonorisation et l’éclairage. Cela nous permet de montrer ce que nous pouvons faire à ceux qui voudraient embaucher à partir d’Octobre, un groupe de variété pour une soirée publique ou privée.
Des élèves de Science-Po ont eu l’amabilité de me contacter pour participer à une cartographie de la controverse autour de la loi Hadopi. Les questions posées et la liste des intervenants font que le résultat est très intéressant.Voici ma contribution.
J’ai la joie, le bonheur d’annoncer qu’enfin cette année je jouerai pour la fête de la musique ! En effet depuis quelques mois déjà, je suis le chanteur (et guitariste pour quelques chansons) d’un orchestre de variété sur la région d’Auxerre. Et nous jouerons pour la première fois le lundi 21 Juin sur le podium de France Bleu place Saint-Amâtre. Le récit de cette rencontre…
Une bataille planétaire a débuté voilà quelques années déjà. C’est une bataille dont l’issue sera la constitution d’une culture internationale et donc au final: la paix mondiale. Une bataille de bonne guerre où les passionnés de chansons du monde entier se balancent des reprises (covers) de chansons connues, en se filmant eux-même à la maison avec une guitare ou un piano, se défiant ainsi dans une joyeuse fête de la musique permanente, dans la bonne humeur et la gratuité. En effet demain , pourra-ton vraiment faire la guerre à celui, habitant de l’autre côté de la planète, qui partageait avec nous des musiques sur Youtube ? Qui sera assez fou pour vouloir mettre fin à ce partage culturel là, comme l’on a souhaité mettre fin au partage libre des fichiers musicaux dans le cadre non lucratif ?
Pardonnez-moi ce jeu de mot approximatif en titre de cet article, hommage au célèbre barde Suisse à la voix surpuissante pour lequel Michel Berger avait écrit un album magnifique. Je l’ai commis un peu à la manière des chapeaux de mon quotidien préféré « Liberation », que je ne lis vraiment que depuis qu’il se trouve gratuit sur Internet , et dont le directeur Laurent Joffrin signait la semaine dernière une tribune explicite, sans nuance ni jeu de mot: « Il faut faire payer Google » ! Le talentueux journaliste un peu désorienté en ce moment sur la question du numérique comme ses collègues, demandait une licence globale l’année dernière. Que va-t-il demander l’année prochaine ? A suivre… Voici l’occasion pour moi de révéler une petite expérience personnelle concernant les liens sponsorisés Google. Car au fait , combien rapportent les liens Google sur un blog ?
J’ai reçu comme tous les musiciens en licence ouverte inscrits sur la plateforme Jamendo.com un email daté du 8 Avril 2010 expliquant « l’acquisition par MusicMatic de l’ensemble de la participation que Mangrove Capital détenait dans la société et une augmentation prochaine du capital ». Je me réjouis que ce service trouve les moyens de perdurer. Car c’est le seul à ce jour qui propose des services adaptés et une rémunération, même minime, pour les créateurs en licence Creative Commons qui aspirent à l’auto-entreprenariat musical . Mais l’on peut toutefois légitimement se poser quelques questions sur la pertinence du modèle économique proposé par son repreneur. Lire la suite »
Pascal Nègre, PDG d’Universal Music France déclare : “Avec la disparition de Jean Ferrat, c’est un pan entier de la musique française qui disparaît. Je salue l’artiste, l’humaniste et le militant”. Assez paradoxal lorsqu’on sait que si un pan entier de la musique française a bien disparu, c’est-à-dire la musique engagée, signifiante, militante, on le doit en grande partie à la génération Pascal Nègre des patrons de maisons de disques qui ont imposés par leurs choix purement personnels l’avènement du chanteur people et du placement produit. Car ce contre quoi Jean Ferrat s’est battu toute sa vie est une réalité aujourd’hui advenu par le travail de lobbying de ce même Pascal Nègre et de ses amis qui ont réussi à faire voter par ce gouvernement la semaine dernière une loi autorisant l’introduction des marques dans les clips vidéos et autres séries télévisées.(1) Bienvenue dans l’ère de ce qu’appelait Jean Ferrat « la musique de consommation », par opposition à ce qu’il appelait la « musique signifiante ». Cette dernière s’avérant pourtant beaucoup plus efficace commercialement dans la durée (Jean Ferrat est 4ème hier au Hit des téléchargements de Itunes et a vendu des millions de disques toute sa vie avec un minimum de coût de promotion). Lire la suite »
Les musiciens qui rêvent de devenir professionnels négligent souvent la question de la sélection comme si elle n’était pas pertinente dans le cadre d’une discipline artistique. Ils oublient que tout professionnalisme est issu d’une sélection. D’ailleurs les musiciens professionnels du classique passent des concours sérieux devant leurs pairs, leurs maitres, leurs professeurs. Le concours de pairs à pairs est la forme la plus égalitaire de sélection, d’autant plus que lorsqu’on échoue, on est simplement recalé, on peut toujours se représenter l’année d’après. Quand il n’y a pas de concours, deux autres formes de sélection prévalent : la sélection par l’argent ou bien la sélection arbitraire (quelques décideurs sélectionnent). Le processus de sélection est aussi très important dans l’économie d’un secteur professionnel sportif ou artistique. Car c’est une manière de créer de la rareté et donc, de l’intérêt du public à payer pour assister aux événements. Le football américain souvent montré en exemple du libéralisme est en fait un exemple de marché régulé dans le souci de la sélection la plus juste. Pas étonnant alors que le dernier Superbowl ait battu tous les records d’audience et de recettes, avec des places vendues à partir de 1000 $ l’unité dans le stade et des spots télévisés crevant tous les plafonds. Lire la suite »
Jamendo.com est le modèle économique de communauté musicale le plus pertinent et pourtant, ce site risque de disparaitre. Rien d’étonnant pour moi. J’ai connu de l’intérieur une bonne dizaine de start-up depuis mes débuts professionnels comme webmaster au sein de la pépinière du CICA à Sophia Antipolis . C’était en 1999. Depuis je ne cesse de clamer que la publicité ne peut pas à elle seule financer les créations de contenus pour le web et qu’il faudra cesser un jour ou l’autre cette logique d’espoir de rachat soudain par un grand groupe pour récompenser les efforts de ceux qui passent des heures sur leurs ordinateurs à développer des programmes et écrire des articles. Jamendo va disparaitre parce que la licence globale n’est pas en place, celle que je préconisais dans mon livre, c’est-à-dire une licence globale rémunérant aussi les sites Internet d’après leur temps de consultation. Tant qu’une telle mesure ne sera pas en place, l’Internet ne créera qu’une rente pour les FAI, une fois leurs investissements en infrastructures amortis. Et une rente cela ne crée pas d’emplois. Lire la suite »
Le rapport des trois sages chinois de la mission Zelnick est en ligne depuis ce matin. Il confirme mon impression initiale de parti pris dogmatique qui refusait d’emblée sans même les étudier en profondeur, les différentes solutions possibles de licences globales. Comme le souligne très justement la Quadrature du Net, il s’agit d’un exercice assez inouï de soutien de modèles économiques et de certains acteurs du marché des produits dérivés culturels, au détriment d’autres, et de plus, sur le dos des citoyens contribuables. Avec de surcroit la désignation d’un bouc émissaire : Google, seule société qui a eu le simple tord d’avoir compris que la gratuité du fichier numérique allait être inévitable, et qui se trouve donc en avance sur les autres. Seule société proposant d’ailleurs des solutions de rémunérations des vrais acteurs indépendants de la création sur Internet: les liens sponsorisés (j’en ajoute d’ailleurs symboliquement sur ce site dès aujourd’hui puisque c’est la seule source de rémunération des créateurs de contenus sur Internet que l’on peut attendre ces prochains mois). Pour la SACEM le compte n’y est pas et pour moi non plus.